Plus durable et plus numérique : la prévoyance face à des défis majeurs

Rapport des assemblées des investisseurs 2018 des Swisscanto Fondations de placement

Saint-Gall au top : l’hôtel Einstein de Saint-Gall a constitué un cadre idéal pour accueillir la 45e assemblée des investisseurs de Swisscanto Fondation de placement et la 12e assemblée des investisseurs de Swisscanto Fondation de placement Avant. La manifestation proprement dite a elle aussi été jugée très positive, grâce aux passionnants exposés techniques suivis d’une table ronde. Simultanément, le programme a été résumé visuellement avant que trois caricaturistes ne réalisent un souvenir bien particulier pour de nombreux invités.

Vous trouverez ici les photos de la manifestation.

M. Thomas Vock, Président du Conseil de fondation et responsable Asset Management de la Banque Cantonale Bernoise, souhaite la bienvenue aux invités avant de passer la parole à Roland Ledergerber, CEO de la Banque Cantonale de Saint-Gall, qui rappelle, dans ses paroles de bienvenue, que celle-ci a célébré ses 150 ans en 2018.

M. Thomas Vock, Président du Conseil de fondation et responsable Asset Management de la Banque Cantonale Bernoise

Sonja Spichtig, Directrice des Swisscanto Fondations de placement, présente un récapitulatif de l’exercice écoulé. Au 30 juin 2018, les Swisscanto Fondations de placement géraient une fortune s’élevant à 17,5 milliards de francs. Avec une part de marché de 13,8% en fortune nette, elles se classent en quatrième position dans la liste des plus grandes fondations de placement de la CAFP.

Sonja Spichtig, Directrice des Swisscanto Fondations de placement

L’ordre du jour est adopté pratiquement à l’unanimité. La principale modification lors de la révision du règlement de fondation porte sur l’introduction d’un représentant indépendant. Au bout de seulement 45 minutes, le Président du Conseil de fondation lève les deux assemblées des investisseurs en remerciant chaleureusement toutes les personnes présentes.

Les perspectives de marché sont ensuite présentées par Stefano Zoffoli, stratège en placements de Swisscanto Invest by Zürcher Kantonalbank.

Stefano Zoffoli, stratège en placements et responsable Multi-Asset Portfolio, Swisscanto Invest by Zürcher Kantonalbank

Celui-ci explique avoir connu une année échevelée. Même si les estimations conjoncturelles sont moins roses qu’il y a un an encore, M. Zoffoli n’escompte pas de récession, mais une croissance modérée allant de 1 à 3%, car la conjoncture repose sur une assise solide. " La consommation privée est durable ", affirme le stratège en placements. " Cela tient d’une part à la progression de l’emploi et d’autre part à l’endettement relativement faible des consommateurs. "

C’est également un tableau positif que brosse M. René Nicolodi, responsable Equities & Themes chez Swisscanto Invest by Zürcher Kantonalbank, en parlant des approches de durabilité dans les groupes de placement des Swisscanto Fondations de placement.

René Nicolodi, responsable Equities & Themes, Swisscanto Invest by Zürcher Kantonalbank

Il assure que les placements durables ne sont pas un emballement passager, mais une méga-tendance. Les chiffres l’attestent : " 400 milliards sont gérés en Suisse selon des critères de placement durables ", affirme M. Nicolodi. " Cela représente une hausse de 82% par rapport à l’année dernière. " Les caisses de pension, les fondations et les assurances se penchent de plus en plus sur ce thème depuis quelques années. Tout comme le législateur. L’initiative Minder, la stratégie de développement durable du Conseil fédéral ou le plan d’action actuel de l’UE sur la finance durable sont des exemples qui intègrent davantage les aspects de durabilité dans le domaine des placements, et cette tendance va se poursuivre. Swisscanto Invest assume un rôle de précurseur dans cette évolution. " La durabilité fait partie intégrante de notre processus de placement ", explique M. Nicolodi. " Avant d’investir, les listes noires veillent à éviter que le portefeuille puisse comporter des titres de producteurs d’armes ou d’entreprises pratiquant des activités commerciales controversées. En revanche, des domaines d’investissement importants tels que l’énergie, la mobilité, les ressources et les connaissances sont soutenus. "

Le fascinant orateur invité abordant " la manière d’aménager la transformation numérique " jette les bases de la table ronde qui suit. Le prof. Oliver Gassmann, professeur de gestion technologique à l’Université de Saint-Gall, identifie quatre moteurs principaux de la révolution numérique : la baisse des coûts de transaction, la hausse de la mobilité, la croissance exponentielle des données et l’amélioration des algorithmes. Mais plus de 30% des initiatives de numérisation dans l’entreprise échouent – principalement à cause de la résistance du personnel et de l’attitude des dirigeants. La pénurie de ressources constitue assez rarement un obstacle. " Le plus grand défi consiste à dissiper la crainte des collaborateurs d’être remplacés ", assure le prof. Gassmann. " Il faut encourager la compréhension, développer les compétences et créer des structures. " Penser à grande échelle, mais commencer petit, tel est le conseil qu’il donne aux personnes réunies.

Le prof. Oliver Gassmann, professeur de gestion technologique à l’Université de Saint-Gall

Karin Frei, rédactrice à la SRF, donne le coup d’envoi de la discussion en réalisant spontanément un sondage auprès des caisses de pension, des investisseurs et des conseils de fondation présents dans la salle : " Qui parmi vous se qualifierait d’innovant ? " Personne ne lève la main. Mais pourquoi donc ? Les institutions de prévoyance ne sont pourtant pas tout à fait aussi conservatrices qu’on pourrait le penser. C’est ainsi que Christoph Ryter, directeur de la caisse de pension de Migros, indique que les clients peuvent simuler en ligne leurs cas de prévoyance et que l’administration des assurés, elle aussi, se numérise de plus en plus. Dans ce contexte, la sécurité des données constitue un point décisif, précisément parce qu’il s’agit là d’informations particulièrement sensibles pour les caisses de pension.

C’est ce que confirme Markus Naef, CEO de SwissSign, une coentreprise qui permet aux sociétés offrant des services d’identité d’accéder en toute sécurité au monde en ligne : " Chez nous, les données d’identité et les données des utilisateurs sont systématiquement séparées. En outre, toutes les données restent entre les mains de la caisse de pension. " Davide Pezzetta, membre du Conseil des Swisscanto Fondations de placement, estime lui aussi que la sécurité des données pose un grand défi : " Nous y avons investi des ressources considérables ces derniers temps. " Mais dans quel domaine le numérique apporte-t-il une valeur ajoutée ? " Les transactions entre caisses de pension et clients ne sont pas extrêmement fréquentes ", explique M. Ryter. " Il serait plus important de créer des offres numériques en matière de conseils. Les assurés doivent pouvoir répondre à davantage de questions par eux-mêmes. " La formation scolaire pourrait d’ailleurs être utile à cet égard, en abordant davantage les questions de prévoyance – les participants à la discussion sont d’accord sur ce point.

La table ronde réunissant Markus Naef, Christoph Ryter, le prof. Oliver Gassmann, Davide Pezzetta et Karin Frei (de gauche à droite)

Après un débat fort intéressant, Sonja Spichtig remercie les intervenants ainsi que le public et laisse Christian Eggenberger, qui a consigné toutes les interventions en temps réel sur un tableau à feuilles mobiles, résumer les exposés de son point de vue. Ensuite, elle clôt la manifestation avec ses propres mots : " Le numérique offre une grande chance d’atteindre davantage de jeunes. Leur voix est importante. Il est inacceptable que les personnes de plus de 50 ans soient les seules à s’intéresser à ce sujet. C’est pourquoi je plaide pour que l’on intègre encore mieux la thématique de la prévoyance dans la formation scolaire. "

Les caisses de pension et les fondations de placement ont beaucoup à faire. La date prévue pour faire à nouveau le point a déjà été fixée : les prochaines assemblées des investisseurs auront lieu à Zoug le 25 octobre 2019.

Les photos des assemblées des investisseurs 2018 figurent ici.

" Nous créons des valeurs "

Cela fait trois ans qu’Andreas Meier (48 ans) travaille à la Zürcher Kantonalbank pour Swisscanto Invest ; depuis juillet de cette année, il est responsable de la gestion du portefeuille immobilier du groupe de placement Immeubles Suisse de Swisscanto Fondation de placement. Nous avons rencontré cet Appenzellois d’origine au Winterhalder Areal de Zurich pour parler défis du marché, travail physique et bon sens.

Nous sommes ici au Winterhalder Areal, un projet immobilier de Swisscanto Fondation de placement. De quelle construction s’agit-il ?

Swisscanto a créé ici, à partir d’une ancienne zone industrielle, des logements modernes pour quelque 300 personnes. Dans un emplacement idéal au cœur de Zurich, nous pouvons proposer 137 appartements de haute qualité dans toutes sortes de configurations. Ces appartements sont très demandés. Dès la date d’emménagement l’an dernier, ils étaient presque tous loués. Cela confirme que Swisscanto a développé un produit attrayant et apporte donc une véritable valeur ajoutée aux locataires, à la ville et aux institutions de prévoyance qui ont investi dans ce groupe de placement.

C’est donc un projet modèle. Quel a été le rôle joué par Swisscanto dans cette réalisation ?

Swisscanto a été le chef de file de la conception et de la réalisation du projet. En tant que maître d’ouvrage, c’est-à-dire propriétaire, il a financé le projet et veillé à obtenir une rentabilité durable.

Andreas Meier et Sonja Spichtig observent le Winterhalder Areal d’en haut.

Vous êtes responsable du portefeuille immobilier de Swisscanto Fondation de placement depuis juillet de cette année. Quelle est exactement votre mission ?

Ma mission consiste à mettre en œuvre la stratégie du groupe de placement – qui se compose actuellement de 244 biens d’une valeur d’environ sept milliards de CHF – et donc de réaliser un rendement adapté au marché. Cela se fait en étroite collaboration avec l’ensemble de l’équipe immobilière de Swisscanto Invest, qui se compose de 26 spécialistes éminents de l’immobilier. Ainsi, le service d’asset management s’occupe des locations, celui du project management met en œuvre les projets de construction tandis que l’équipe chargée des transactions réalise les achats et les ventes.

A quoi ressemble pour vous une journée de travail typique ?

Mon travail est extrêmement varié et diversifié, et aucune journée ne ressemble à une autre. C’est ainsi qu’en ce moment, je suis en train de donner une interview, alors qu’hier à la même heure, je participais à une discussion avec des investisseurs en Suisse centrale. Entretiens avec les clients, présentations, visites, réunions internes, analyses et tâches ad hoc se succèdent à des rythmes variables. Il est donc essentiel d’établir une planification prospective.

Vous évoluez dans un marché exigeant pour les investisseurs. Comment y faites-vous face ?

Oui, la phase des taux d’intérêt bas de ces dernières années n’a cessé de pousser à la hausse les prix de l’immobilier. Nous tenons compte de cette évolution dans toutes nos décisions de placement, c’est-à-dire que nous nous appuyons sur des analyses de scénarios approfondies et que nous mettons à profit les connaissances spécifiques de la Zürcher Kantonalbank qui reposent sur une vaste assise. En outre, nous nous demandons constamment quels nouveaux produits alternatifs vont nous permettre de générer une valeur ajoutée. Dans ce contexte, les critères importants pour la sélection d’un bien immobilier sont notamment l’emplacement, mais aussi l’affectation, le profil rendement-risque et le potentiel ainsi que la possibilité d’exploitation par des tiers.

Discussion sur les stratégies, les marchés et les projets professionnels.

 Vous avez étudié l’économie d’entreprise. Comment en êtes-vous arrivé à l’immobilier ?

Par intérêt personnel. Déjà au début de mes activités dans l’asset management, cette classe de placements m’intéressait beaucoup. Le caractère individuel des biens immobiliers, leur nature multidimensionnelle, mais aussi leur caractère concret m’ont attiré très tôt. Chez AXA, j’ai eu l’occasion de fonder, de consolider et de gérer deux fonds immobiliers.

Et après 15 ans chez AXA, vous avez eu envie de changer d’air ?
On peut le dire comme cela. A 45 ans, j’ai ressenti peu à peu le désir de connaître d’autres véhicules de placement, d’autres organisations et d’autres structures. Ce qui est très positif, bien sûr, c’est que je peux désormais le faire en travaillant pour un asset manager établi et renommé.

Qu’est-ce qui compte le plus dans votre travail : connaître la psychologie ou avoir le sens des chiffres ?

Une combinaison des deux. Vous savez, les outils et les données actuels permettent d’analyser, de modéliser et de représenter beaucoup de choses. Mais en fin de compte, il faut aussi faire preuve de bon sens. Cela inclut aussi un certain pragmatisme, des objectifs réalistes et surtout une grande ténacité pour les atteindre.

Quand avez-vous compris que vous vouliez vous diriger vers l’économie ?

Au moment où j’ai choisi l’apprentissage commercial. En réalité, quand j’étais petit, je préférais le travail physique aux bancs de l’école. J’allais souvent donner un coup de main à la ferme et même plus tard, pendant mes études, je travaillais comme jardinier paysagiste pendant les vacances.

Et malgré tout, vous avez opté pour une formation commerciale ?

Oui, et avec conviction. Car les problématiques de l’économie d’entreprise m’ont intéressé de plus en plus. En outre, j’ai développé le goût des langues étrangères. Par conséquent, j’ai recherché une formation large et diversifiée. Bien entendu, on ne pouvait pas trouver mieux pour cela que la formation d’employé de commerce.

Votre travail nécessite peu d’activité physique. Cela vous manque-t-il ?

Parfois. Mais je trouve l’équilibre nécessaire en faisant du sport dans la nature. Pendant l’été, je pratique le VTT, le jogging ou la randonnée. En hiver, le ski de fond et le ski alpin.

Etes-vous aussi ambitieux que dans la vie professionnelle ?

Ambitieux, oui, on peut le dire. Mais pour moi, le sport est avant tout une source de délassement et d’équilibre. C’est ainsi que je participe depuis des années au marathon de ski de l’Engadine. Cela me motive encore plus à m’entraîner de façon ciblée.

Andreas Meier, responsable Portfolio Management Immobilier depuis juillet 2018.

Où vous voyez-vous dans dix ans ?

J’espère évidemment que mon travail continuera à me plaire autant qu’aujourd’hui et que je travaillerai toujours pour le compte de propriétaires immobiliers. Car actuellement, je me plais beaucoup, autant à la Zürcher Kantonalbank que dans le domaine de l’immobilier. Malgré tout, dans ma tête, je reste toujours ouvert, flexible et curieux.

En vous promenant dans le Winterhalder Areal, quel sentiment éprouvez-vous ? Etes-vous fier d’avoir achevé un projet qui répond à toutes les attentes, voire qui les dépasse ?

Bien entendu, il est formidable de constater toute la valeur qui a été générée par Swisscanto, et je suis ravi d’avoir un placement aussi attrayant en portefeuille. Mais nous pouvons aussi être collectivement fiers du succès de nos projets. Car un projet couronné de succès n’est pas le fruit d’une réussite individuelle, mais le résultat de la collaboration professionnelle de toute l’équipe immobilière.

Merci de nous avoir accordé cet intéressant entretien et bonne chance pour votre prochain marathon.

La zone euro à l’épreuve

Dans la zone euro, les divergences économiques se creusent à nouveau

A la surprise générale, les perspectives économiques pour la zone euro se sont dégradées en octobre. Les indices des directeurs des achats montrent que ce ralentissement touche désormais aussi le secteur tertiaire.

Comparaison entre l’indice des directeurs d’achats (PMI) et la moyenne à long terme

Des indicateurs précoces tels que les entrées de commandes et les perspectives commerciales signalent en outre un autre ralentissement de la croissance. Dans le même temps, les différences entre les pays se creusent. Ainsi, les données venant de l’industrie allemande et du commerce extérieur ont récemment déçu, et l’économie italienne est en stagnation pour la première fois depuis 14 trimestres. D’un autre côté, la dynamique économique s’est renforcée en France au 3e trimestre, alors que l’Espagne affiche depuis plus de quatre ans une forte croissance trimestrielle d’au moins 0,6%.

L’Italie sur la voie de la confrontation avec Bruxelles

Avec son projet de budget pour l’année prochaine, le gouvernement italien s’est délibérément engagé sur la voie de la confrontation avec la Commission européenne. Au lieu du déficit promis de 0,8% du produit intérieur brut (PIB), le projet de budget prévoit un déficit de 2,4%, visant à financer les principales promesses électorales et à relancer la croissance. La Commission européenne, qui reproche à l’Italie que les règles européennes sont gravement enfreintes, demande que le budget soit révisé. Au pire, l’Italie est menacée d’une procédure pour déficit excessif pouvant aller jusqu’à des sanctions. Or, aucune sanction de ce type n’a encore jamais été prononcée contre un pays, et la situation financière n’est pas (encore) dramatique par comparaison à des phases de stress précédentes. En Italie, la charge des intérêts en pourcentage du PIB se situe à son niveau le plus faible depuis 1980, et malgré la forte hausse des rendements, elle baisse encore à son niveau actuel (coupon de 3,3% par rapport à un taux d’intérêt moyen de 2,7%). En outre, si l’on exclut les coûts des intérêts, l’Italie présente depuis quelques années un excédent.

Un problème avant tout bancaire

La querelle budgétaire et la forte hausse des taux qui l’accompagne ont cependant des retombées sensibles sur les banques italiennes. Celles-ci ont déjà subi de douloureuses pertes sur leurs vastes portefeuilles d’emprunts d’Etat italiens. Comme elles sont en outre moins bien capitalisées que les banques européennes, et qu’elles ont dans leurs livres un nombre supérieur à la moyenne de crédits douteux, leur capacité à encaisser d’autres pertes est extrêmement limitée. Les primes de rendement pour l’Italie impliquent entre-temps une notation de crédit qui relève nettement du domaine des junk bonds (BB).

Rendement des emprunts d’Etat à 10 ans et notation des pays

Il en va de même pour les CDS spreads à cinq ans qui sont supérieurs à ceux de l’Afrique du Sud et du Brésil et impliquent une notation de BB-. Toutes les agences de notation attestent cependant à l’Italie un statut " investment grade " malgré le déclassement et les perspectives négatives. Les réactions du marché peuvent donc être considérées comme excessives. La situation devrait néanmoins rester tendue jusqu’à l’adoption définitive du budget, fin décembre.

Manuel Ferreira, Head Investment Strategy & Economic Research, Zürcher Kantonalbank

Tournant – Redistribution – Fonds de croissance : menu complet à trois plats servi à Lausanne

Dans la superbe salle de l’hôtel Beau-Rivage Palace, Laurent Monod a inauguré le Lunch Meeting de Lausanne en souhaitant à toutes les personnes présentes un bon appétit, mais aussi d’intéressantes découvertes à l’écoute des trois interventions au programme.

Les photos de cette manifestation figurent ici.

Pendant que l’on servait l’entrée et le plat principal, c’est Martin Weder, Senior Economist à la Zürcher Kantonalbank, qui a ouvert le feu en présentant un exposé consacré aux faits et aux perspectives de la croissance économique. Même si, dix ans après la faillite de Lehman Brothers, cette croissance reste solide tant dans le monde occidental que dans les pays émergents, la question se pose : combien de temps cela va-t-il encore durer ? La situation politique en Italie, les négociations relatives au Brexit, les élections au Brésil et l’initiative populaire " Le droit suisse au lieu de juges étrangers " poussent à penser que le tableau harmonieux de la conjoncture mondiale pourrait se dégrader dans un avenir proche. Le taux de chômage aux Etats-Unis n’a jamais été aussi bas depuis 1969. Mais la spirale prix-salaires commence légèrement à se mettre en mouvement. Les droits de douane punitifs des Etats-Unis, qui touchent non seulement la Chine, mais aussi et surtout des pays fortement intégrés à la chaîne de création de valeur tels que Taïwan, la République tchèque ou la Corée, font également sentir leurs premiers effets. Martin Weder a cependant réussi à rendre digeste un message qui aurait pu passer à première vue pour difficile à avaler en soulignant, à la fin de son analyse de la situation mondiale, les circonstances positives susceptibles de prolonger quelque peu le cycle conjoncturel actuel.

Martin Weder, Senior Economist à la Zürcher Kantonalbank

Au moment du dessert, Michèle Mottu Stella, experte agréée en prévoyance professionnelle chez Prevanto SA, a exposé sa vision détaillée de la solidarité et de la redistribution de la prévoyance. Elle a expliqué que dans un système régi par la solidarité, il est impossible de prévoir qui sera indemnisé en cas de sinistre au sein de la collectivité. En revanche, la redistribution peut être définie comme une façon d’avantager un groupe de manière prévisible et systématique, tout comme, par exemple, un taux de conversion trop élevé ou un taux uniforme de contribution au risque. Notons qu’il existe déjà des solidarités dans le taux de conversion notamment en raison de l’état civil : ainsi, les hommes mariés ont, à 65 ans, quatre années d’espérance de vie de plus que les hommes célibataires.

Michèle Mottu Stella, experte agréée en prévoyance professionnelle chez Prevanto SA

Michèle Mottu Stella a exprimé les grands espoirs qu’elle place dans les jeunes assurés, dont la prévoyance vieillesse constitue l’inquiétude principale, selon le baromètre de la jeunesse 2018 de Credit Suisse. Elle a estimé que c’était là un bon signe, puisque les 16 à 25 ans semblent avoir pris conscience de l’importance de la prévoyance.

Claudia Petersen, vice-directrice Private Markets à la Zürcher Kantonalbank

Après le dessert, les participants au Lunch Meeting ont bénéficié d’un aperçu d’un nouveau fonds de croissance suisse. Claudia Petersen, vice-directrice Private Markets à la Zürcher Kantonalbank, a présenté ce produit transparent et réglementé qui a vocation à combler, en Suisse, les lacunes de financement des entreprises à forte croissance non cotées en bourse par le biais d’investissements directs.

Toutes les présentations peuvent être obtenues à l’adresse anlagestiftung@swisscanto.ch.

Les photos du lunch meeting 2018 de Lausanne figurent ici.
Les photos du breakfast meeting 2018 de Berne figurent ici.

"J’ai toujours rêvé de créer une fondation collective"

Bruno Marroni, directeur de la Swisscanto Flex Fondation Collective et de la Swisscanto 1e Fondation Collective, s’intéresse depuis fort longtemps à la prévoyance professionnelle, une passion à laquelle il est resté fidèle. Nous l’avons rencontré pour parler de rêves d’enfant, de nuits blanches et de ses projets " pour après ".

Monsieur Marroni, cela fait 28 ans que vous vous occupez de prévoyance professionnelle. C’est un sujet qui ne vous lâche pas !

Absolument. Même si on ne le dirait pas à première vue, la prévoyance professionnelle fascine par son extrême diversité.

Vous avez mis sur pied deux fondations collectives dont vous êtes également directeur. Qu’est-ce qui rend votre profession si passionnante ?

Mes tâches sont très variées. Je mets en œuvre les orientations données par les conseils de fondation, je m’occupe des rapports et de l’adaptation des règlements, je traite les cas juridiques, je gère la distribution et je prépare les négociations. Et puis, bien sûr, je suis également là pour mes collaboratrices et mes collaborateurs. Ma porte leur est toujours ouverte.

Qu’est-ce qui vous est le plus nécessaire : vous entendre en chiffres ou vous entendre avec les gens ?

Je suis quelqu’un qui aime aller vers les gens pour discuter avec eux. Mais je ne me conçois pas comme un vendeur typique. Je ne vends pas, je conseille. Et pour moi, cela veut dire être honnête à 100%. Dans ce sens, j’ai besoin de capacités de communication. De même, l’empathie est très importante dans notre métier.

Pourquoi ?

Dans la Swisscanto Flex Fondation Collective, cinq conseillers clients s’occupent de plus de 300 clients. Chacun d’eux a non seulement sa personnalité, mais aussi ses propres besoins – ou ses propres problèmes du moment, qu’il nous confie. Il faut savoir s’adapter rapidement pour pouvoir se couler dans la situation spécifique du client concerné.

Vous avez grandi et vous êtes allé à l’école dans la région de Zurich. Et ensuite ?

J’ai réalisé mon rêve d’enfant : j’ai suivi un apprentissage de mécanicien sur camions. (Il rit.) Mais dès la deuxième année, j’ai compris que ce n’était pas pour moi. Malgré tout, j’ai achevé ma formation. Ensuite, je suis entré directement à l’école supérieure de commerce, où je m’étais déjà inscrit en troisième année à titre de précaution. J’y ai suivi une formation d’employé de commerce technique.

Sonja Spichtig et Bruno Marroni à l’issue d’un entretien passionnant.

Comment en êtes-vous arrivé à la prévoyance ?

Après l’école de commerce, j’ai pu choisir entre la banque privée et l’assurance-vie. J’ai choisi l’assurance et j’ai rapidement compris que les polices des entreprises m’intéressaient plus que celles des particuliers. Je me suis donc spécialisé dans la prévoyance. J’avais 24 ans.

Un âge où beaucoup de jeunes ne pensent qu’à faire la fête…

Oui, moi aussi j’ai passé des nuits blanches. Mais au bureau. (Il rit.) Peu de temps auparavant, la LPP avait été introduite, et chaque entreprise devait s’assurer. Cela a engendré énormément de travail. Les classeurs et les dossiers s’accumulaient dans les couloirs. A l’époque, il y avait une collaboratrice qui ne faisait rien d’autre que d’aller chercher les dossiers de nos clients pour que nous puissions classer les justificatifs de mutation. (Il rit.) Cela a pris des années avant de tout résorber. Mais cela a été une période formidable. Nous étions une équipe soudée et faisions les choses avec enthousiasme. Je suis encore aujourd’hui en contact avec des collègues de cette époque.

L’introduction de la LPP remonte à plus de 30 ans. Qu’est-ce qui s’est passé dans la prévoyance depuis lors ?

L’ouvrage qui rassemble toute la législation sur la LPP le montre de façon très concrète : son épaisseur est passée d’un demi-centimètre à trois. Cela signifie que la densité réglementaire s’est énormément accrue. Au début de mon activité, vers la fin des années 80, notre travail était encore simple. Aujourd’hui, le corpus de règles est bien plus complexe. En outre, on ne parle plus actuellement que d’actifs. Autrefois, on se concentrait sur les solutions de rentes et les plans de prévoyance. Cela me manque un peu.

Au début de votre carrière, vous avez systématiquement suivi toutes les formations dans le domaine de la prévoyance. Quels sont donc les diplômes que vous avez obtenus ?

Eh bien, je suis employé de commerce technique qualifié, spécialiste en assurances, spécialiste en assurances sociales, spécialiste de prévoyance en faveur du personnel, expert en assurances sociales et gérant de caisse de pension. Le tout avec diplôme ou brevet fédéral. Mais les titres ne m’ont jamais intéressé. Je voulais juste être bon dans ce que je faisais. Et j’ai eu beaucoup de plaisir à apprendre.

Comment vous informez-vous aujourd’hui ?

Je suis confronté à l’actualité de notre secteur toute la journée. Mais il est évidemment très important de se tenir à jour. C’est pourquoi je me rends régulièrement dans des séminaires et des foires professionnelles. Je lis aussi des ouvrages spécialisés.

Vous avez longtemps occupé un poste administratif avant de devenir courtier. Que préférez-vous ?

Oui, je connais les deux volets du métier et je les aime tous les deux. Après mes cinq premières années dans l’administration, j’ai intégré un bureau de courtage où j’ai mis en place un collectif. Mais je rêvais de créer une fondation collective parce que je suis convaincu que les solutions autonomes ne sont pas des solutions d’avenir. Il se trouve cependant que ma première fondation a échoué à cause des turbulences liées au 11 septembre. A l’époque, tout était prêt pour le coup d’envoi : nous avions tout ce qu’il fallait, du réassureur au système informatique. Mais à la dernière minute, la banque s’est retirée. L’incertitude était tout simplement trop grande.

Bruno Marroni n’a pas seulement créé deux fondations collectives, mais aussi un groupe de rock.

Votre rêve est désormais réalisé. Quel est donc le prochain ?

Je vais commencer par me consacrer pleinement à mes fondations, les développer et les renforcer. Il s’agit surtout de mettre des stratégies de placement fructueuses à la disposition des assurés et d’aider ceux-ci dans la conception active de leur prévoyance. Enfin, Swisscanto Prévoyance SA assume également la gestion de ces stratégies en tant que fondatrice de la Swisscanto 1e Fondation Collective.

Cela fait 13 ans que vous travaillez pour Swisscanto Prévoyance SA. Vous comptez y rester encore 13 ans de plus ?

Mon idée, c’est plutôt de rester encore dix ans chez Swisscanto, puis peut-être deux à trois ans en tant que membre du conseil de fondation. Mais un jour ou l’autre, il faudra que cela s’arrête ! (Il rit.)

Avez-vous déjà des plans " pour après " ?

J’aimerais bien passer quelques années sur un bateau. J’adore être sur l’eau et faire du bateau à moteur. Quelques heures à peine sur le lac de Zurich, et je suis déjà parfaitement détendu.

Il y a deux guitares accrochées au mur de votre bureau. Vous en jouez ?

J’ai grandi dans une famille de musiciens. Ma mère jouait du piano. Moi, j’étais plutôt intéressé par la guitare et la batterie. Aujourd’hui, je joue de la guitare passionnément mal. (Il rit.) Je fais même partie d’ un groupe. Mais le premier concert n’est pas encore annoncé.

Vous nous ferez savoir quand ce sera le cas ?

Je n’y manquerai pas.

Nous nous en réjouissons d’avance et vous remercions pour cet entretien passionnant.

Swisscanto 1e Fondation Collective – forger activement sa prévoyance professionnelle

La Swisscanto 1e Fondation Collective à Zurich propose aux salariés qui gagnent bien leur vie la possibilité d’aménager de façon individuelle la partie surobligatoire de leur prévoyance. Cette solution de prévoyance n’est pas tout à fait neuve, mais l’article relatif au calcul de la prestation minimale en cas de sortie (art. 17 LFLP) empêchait qu’elle se répande. Or, depuis la modification de la loi sur le libre passage introduite au 1er octobre 2017, les plans de prévoyance 1e sont devenus une extension attrayante de l’offre de prévoyance.

Depuis l’introduction du troisième paquet de la première révision de la LPP, cela fait déjà plus de dix ans que les institutions de prévoyance ont la possibilité de proposer des plans de prévoyance offrant différentes stratégies de placement. Cette possibilité existe pour la partie surobligatoire de la prévoyance professionnelle, c’est-à-dire uniquement pour les éléments de salaire dépassant une fois et demie le montant maximal fixé (actuellement plus de CHF 126’900.–).

Nouvelle législation depuis 2017

Cette solution de prévoyance tire son nom quelque peu technique de l’article correspondant de l’ordonnance sur la LPP (OPP 2, art. 1e). Bien que, comme indiqué plus haut, leur possibilité existe depuis assez longtemps déjà, les plans 1e n’ont été utilisés que sporadiquement par le passé. Cela s’explique principalement par la loi sur le libre passage (LFLP) : les garanties minimales définies aux articles 15 et 17 LFLP faisaient que les éventuelles pertes subies en raison de la stratégie retenue étaient à la charge de l’institution de prévoyance, et donc du collectif. En revanche, les bénéfices réalisés étaient dévolus aux assurés. En d’autres termes, ce sont les destinataires qui profitaient des bénéfices, mais les pertes individuelles étaient assumées solidairement. C’est pourquoi ce genre de solutions n’étaient utilisées dans la pratique que lorsqu’un employeur solvable était à même d’assumer les répercussions négatives de la solution ou bien lorsqu’il était possible de constituer des réserves pour fluctuation de valeur ou des provisions correspondantes. La nouvelle législation a fondamentalement changé la donne. Selon le nouvel article 19a LFLP (en vigueur depuis le 1er octobre 2017), les prestations de sortie sont désormais calculées de manière à ce qu’à sa sortie, l’assuré obtienne la contrevaleur effective de la stratégie de placement qu’il a choisie, que la performance ait connu une évolution positive ou non.

En outre, les solutions 1e sont régies par toutes les autres dispositions de la LPP, par exemple les principes de l’adéquation, de la collectivité, de l’égalité de traitement et de la planification ainsi que le principe d’assurance. C’est pourquoi il est apparu très vite qu’une telle prévoyance ne pouvait pas être proposée à l’intérieur d’une caisse de pension enveloppante LPP traditionnelle, à laquelle les exigences minimales de la loi sur le libre passage continuent de s’appliquer. Les premières caisses qui ont vu le jour ainsi doivent se réorganiser avant l’expiration d’un délai transitoire. C’est la raison pour laquelle Swisscanto Prévoyance SA a choisi dès le début, comme le prévoit le législateur, de créer une fondation 1e séparée.

Une solution de prévoyance moderne

Du point de vue de l’employeur, la transparence élevée de ces solutions n’est pas le seul facteur à plaider en faveur de l’adhésion à une fondation collective 1e. Il obtient également la possibilité de proposer à ses salariés une solution de prévoyance moderne et attrayante, en particulier lorsque la gestion se fait par le biais d’une plateforme électronique. Pour les solutions de prévoyance aux prestations de risque entièrement réassurées, le risque de placement est assumé par les assurés. Le risque que la caisse de prévoyance se retrouve en déficit est donc exclu pour les plans 1e.

La prévoyance professionnelle oblige les entreprises qui établissent leur bilan selon les normes IAS/IFRS ou les normes US GAAP à comptabiliser des engagements parfois importants. Ces standards laissent souvent de profondes traces, tant dans le bilan que dans le compte de résultats. Désormais, avec la disparition des garanties de l’employeur, ce genre de plan de prévoyance ne sera plus considéré comme un plan de prévoyance en primauté de prestations. Les entreprises pourront donc réduire en conséquence leurs engagements liés aux caisses de pension dans leurs bilans.

La flexibilité grâce à des stratégies de placement individuelles

Les stratégies de placement individuelles permettent aux salariés de placer leurs avoirs de prévoyance en fonction de leurs besoins personnels et de leur propension au risque. Dans ce contexte, les assurés bénéficient d’une grande flexibilité, jointe à davantage de responsabilités personnelles. Grâce à l’accès en ligne, l’assuré peut à tout moment s’informer sur l’évolution de son avoir de prévoyance et modifier périodiquement sa stratégie.

En tant que fondatrice et directrice de la Swisscanto 1e Fondation Collective, Swisscanto Prévoyance SA apporte aux institutions de prévoyance de toute nature un accompagnement étroit et compétent. Des spécialistes dévoués aident les entrepreneurs à choisir la solution de prévoyance 1e qui leur convient et continuent à leur prêter main forte après leur adhésion. La Swisscanto 1e Fondation Collective propose cinq stratégies de placement différentes émanant de Swisscanto Fondation de placement et de Swisscanto Invest by Zürcher Kantonalbank.

Davantage de liberté de choix pour les assurés grâce à des stratégies de placement individuelles

Bruno Marroni, directeur Swisscanto 1e Fondation Collective

Combien de foyers de crise l’économie mondiale peut-elle supporter ?

L’économie mondiale reste en bonne santé

Alors que la nervosité s’est nettement accrue sur les marchés financiers ces dernières semaines, le tableau que nous dressons de l’économie mondiale n’a pas fondamentalement changé. Celle-ci continue à croître et fait mieux que son potentiel à long terme. Toutefois, les écarts de croissance entre pays et régions se sont encore creusées. Alors que l’économie américaine tourne à plein régime, la croissance en Europe s’est stabilisée à un niveau plus modeste. Et certains pays émergents sont menacés par un fort tassement de la croissance dans les mois qui viennent.

Les risques se sont accrus dans les pays émergents

Une récession semble inévitable en Argentine et en Turquie en raison de leurs problèmes structurels importants et de l’effondrement de leur monnaie. D’autres pays émergents se retrouvent également sous pression par crainte du risque de contagion.

Variations par rapport au dollar US depuis le début de l’année (en %)

Pour éviter une nouvelle dépréciation de leur monnaie, diverses banques centrales se sont vues dans l’obligation de relever leurs taux directeurs. Cela va faire souffler des vents contraires encore plus forts. En Chine aussi, les signes d’un ralentissement de la conjoncture se sont accentués. Ainsi, les plus récentes données conjoncturelles se sont avérées nettement plus faibles qu’escompté, raison pour laquelle le gouvernement chinois a à nouveau assoupli sa politique monétaire et budgétaire. Avec ces mesures de stimulation, le ralentissement économique devrait toutefois rester limité. Et d’autres pays émergents, en particulier d’Asie, se trouvent en bien meilleure posture. Par conséquent, il n’y a pas lieu de penser que le phénomène fera tache d’huile dans les pays émergents.

Le débat budgétaire en Italie inquiète les investisseurs

En Europe, les rendements des obligations d’Etat italiennes ont atteint leur niveau record depuis plus de quatre ans. La différence de rendement par rapport à l’Allemagne a temporairement doublé à plus de 290 points de base pour les emprunts d’Etat à 10 ans.

Différentiel de taux par rapport à l’Allemagne (emprunts à 10 ans)

Le moteur de ces évolutions est la crainte que le déficit budgétaire de l’Etat italien, fortement endetté, se creuse encore considérablement pour permettre de tenir de coûteuses promesses électorales. Dans ce contexte, les déclarations contradictoires de différents représentants du gouvernement ont encore attisé les incertitudes. Jusqu’à l’adoption définitive du budget, il faut s’attendre à une volatilité accrue sur les marchés obligataires ainsi qu’au raffermissement du franc vis-à-vis de l’euro. Nous estimons cependant que les promesses électorales ne seront que partiellement tenues l’an prochain. Le déficit budgétaire devrait progresser, tout en restant dans le cadre des règles européennes.

Fin de cycle aux Etats-Unis et en Europe

Outre les risques dans les pays émergents et en Italie, le conflit commercial latent entre les Etats-Unis et la Chine reste bien présent à l’arrière-plan. La question se pose donc de savoir combien de foyers de crise l’économie mondiale peut encore tolérer avant que les données conjoncturelles ne se détériorent. C’est d’autant plus vrai que les Etats-Unis traversent non seulement la plus longue période de marché haussier, mais aussi la deuxième plus longue période d’essor économique de l’après-guerre. Comme l’économie américaine, l’Europe et le Japon se trouvent eux aussi en fin de phase du cycle conjoncturel, comme l’attestent notamment la forte exploitation des capacités et l’accroissement des pressions sur les salaires et les prix. Pour les investisseurs, cela signifie que les marchés financiers sont devenus plus fragiles et que cette situation devrait se poursuivre dans les mois qui viennent. Dans un tel contexte, il est à nouveau bon de faire preuve de qualités défensives.

Manuel Ferreira, Head Investment Strategy & Economic Research, Zürcher Kantonalbank

Les lieux de rencontre de la branche de la prévoyance

Dans les prochaines semaines, Swisscanto Fondations de placement et la Zürcher Kantonalbank présenteront à nouveau une série de manifestations qui promettent d’être passionnantes. Assistez à la 9e Journée des caisses de pension ou participez aux séminaires d’approfondissement ou d’élargissement du cycle de formation destiné aux membres de conseils de fondation. Lors des Breakfast Meetings et des Lunch Meetings, les experts donneront leur avis sur trois sujets passionnants :

  • Les solidarités sont-elles trop sollicitées dans la prévoyance professionnelle ?
  • L’économie mondiale à la croisée des chemins ?
  • Comment faire d’une pierre deux coups : le capital de croissance génère des rendements intéressants et renforce la place financière suisse.

Vue d’ensemble des prochaines manifestations :

Pour toute question concernant ces manifestations, n’hésitez pas à nous envoyer un e-mail. Nous nous réjouissons par avance de votre participation !

Des couches-culottes à la construction de tunnels

En Suisse, personne ne peut échapper à Sika, une entreprise de technologie dont les produits se retrouvent pratiquement dans tous les bâtiments et dans toutes les voitures. Nous avons pris rendez-vous avec Pia Burch, la directrice de la caisse de pension de Sika, en vue de visiter les locaux de production. C’est là qu’elle nous révèle l’origine de la compétence de l’entreprise en matière d’étanchéité pour les grands projets de construction et qu’elle nous parle de l’état de santé de sa caisse de pension.

Madame Burch, pourquoi avons-nous rendez-vous à Sarnen et non à Baar,
siège de Sika ?

Curieusement, la caisse de pension de l’entreprise ne se trouve pas au siège de celle-ci. C’est principalement à cause de moi. Avant de travailler pour Sika, j’étais responsable de la caisse de pension de Sarna Kunststoff Holding SA à Sarnen. En 2006, Sika a repris le groupe Sarna. Quatre ans plus tard, le directeur de la caisse de pension de Sika m’a proposé le poste de responsable de la caisse de pension.

Et vous avez dit oui ?

Non, j’ai dit que je ne pouvais pas m’imaginer travailler à Zurich ou à Baar (rires). Je n’ai accepté son offre que lorsqu’il m’a assuré que je pourrais diriger la caisse de pension depuis Sarnen.

Pia Burch travaille pour le même employeur depuis 1987.

Vous êtes très attachée à vos racines.

Absolument. Et je suis très loyale envers mon entreprise. Je travaille pour le même employeur depuis 1987.

Qu’est-ce qui vous plaît particulièrement dans votre travail ?

Je suis une femme de chiffres. C’est d’ailleurs indispensable, puisque les chiffres m’accompagnent au quotidien. D’abord pour les tâches de gestion classiques de la caisse de pension de Sika, qui m’obligent par exemple à établir des rapports de performance, à préparer des réunions, à tenir des procès-verbaux, à établir des comptes annuels et à coordonner les règlements. Je m’occupe également de la prévoyance complémentaire et d’autres fondations du groupe. Mais au-delà des chiffres, mes activités présentent aussi un volet humain qui m’intéresse beaucoup. C’est ainsi que je me rends régulièrement sur les divers sites pour conseiller les collaboratrices et collaborateurs quant à leur prévoyance individuelle.

Voilà un service qui n’est pas offert par toutes les caisses de pension. Quelles questions vous pose-t-on à ce sujet ?

De l’entretien avec de futurs parents à propos de la couverture de leur famille aux discussions avec les parents de collaborateurs décédés à propos des prestations versées aux survivants, les questions sont très variées. Par exemple, les collaborateurs d’un certain âge souhaitent savoir concrètement quelles répercussions auront un départ à la retraite anticipée ou la réduction de leurs heures de travail sur leur pension. À cette occasion, on voit que Sika est une entreprise très sociale, car nous offrons des conditions transitoires extrêmement attrayantes.

Nous sommes dans la halle de production. Jeunes et moins jeunes travaillent de concert, programment les machines et déversent dans de grands conteneurs les matières premières destinées à l’enduction des bâches.

Sonja Spichtig et Pia Burch en pleine discussion avec un collaborateur de la production.

Cela fait longtemps que Sika fabrique non seulement des adjuvants pour béton, mais aussi des revêtements de sol, des produits d’étanchéité et des adhésifs. Est-il possible de construire une maison sans Sika ?

On peut essayer, mais cela ne doit pas être facile (rires). D’ailleurs, on retrouve les produits Sika dans les bâtiments, mais aussi dans pratiquement toutes les voitures – par exemple, la colle utilisée pour le pare-brise.

Nous nous trouvons justement dans la halle de production des bâches d’étanchéité. Un produit phare de Sika, non ?

Absolument. Et vous savez d’où vient la compétence en la matière ?

De l’entreprise reprise par Sika, Sarna Kunststoff Holding ?

Exactement. Après sa fondation en 1958, Sarna produisait des couches-culottes. Ce sont des culottes que l’on met aux bébés au-dessus des couches en tissu et qui doivent donc être particulièrement étanches. Cette expertise a ensuite été utilisée pour élargir le domaine d’activité vers les produits d’étanchéité destiné à la construction et à l’industrie.

Des couches-culottes à la construction de tunnels. Voilà qui ferait un beau titre d’article (rires). Quels experts interviennent dans un grand projet tel que le tunnel du Gothard ?

Nous avons deux types de conseillers. D’une part, le conseiller du maître d’ouvrage, qui connaît tous les produits et peut offrir un conseil global. De l’autre, le conseiller en produit, qui est spécialisé dans un produit en particulier. Ce dernier est d’ailleurs formé à la pose correcte de nos bâches.

Sika est née en 1910 du durcissement du béton. Vos chiffres de prévoyance reposent-ils, eux aussi, sur un socle en béton ?

Oui, avec un taux de couverture de 127% et un taux d’intérêt technique de 1,5%, cela ne fait aucun doute. À cela s’ajoute un rapport sain de 1900 assurés en activité pour 600 bénéficiaires de rentes.

Voilà des chiffres que bien des caisses doivent vous envier. Qu’est-ce que cela signifie pour votre stratégie de placement ? Celle-ci est-elle plutôt progressiste ou plutôt prudente ?

Nous misons sur la diversification des risques. Nos principaux instruments de placement sont les mandats mixtes et les mandats passifs indiciels ainsi que l’immobilier venant de plusieurs prestataires. Les fonds dans lesquels nous investissons sont gérés de façon professionnelle.

Vous collaborez avec Swisscanto Fondations de placement. Depuis quand ?

Depuis toujours ! (rires) Non, sérieusement : je collaborais déjà avec Swisscanto quand je travaillais pour la caisse de pension de Sarna. Ce partenariat existe donc depuis des décennies.

Sonja Spichtig et Pia Burch dans la halle de production de Sika à Sarnen.

Une preuve supplémentaire de votre attachement et de votre fidélité.

C’est vrai. Pourquoi changer quand on est parfaitement satisfait ?

Parce que cela finit par être lassant ?

Oh, non, mon travail est très varié et loin d’être lassant. Et je préfère satisfaire mon besoin de sensations fortes en dehors du bureau.

Où donc ?

En Amérique du Sud, par exemple. J’y ai récemment passé cinq semaines et ai dormi, entre autres, dans une lodge au cœur de la forêt tropicale.

Vous n’avez pas eu peur des araignées venimeuses ?

Si, mais mes chiffres m’ont aidée. Car la probabilité d’être mordue par une araignée venimeuse au Brésil est infiniment plus faible que celle d’être victime d’un accident de voiture en Suisse. Et de toute façon, je préfère circuler à vélo.

Vous aimez la nature …

Beaucoup.

Et Sika ? Que fait l’entreprise en matière de développement durable ?

Sika est attachée au développement durable, qui est un principe directeur de l’entreprise. Nous essayons bien sûr de produire de façon aussi durable que possible. Ainsi, l’énergie venant de la production est utilisée dans le bâtiment et les déchets sont recyclés. En outre, il existe à Sarnen une boutique Sika qui propose des produits destinés au rebut. Les particuliers peuvent y acheter des bâches, par exemple pour recouvrir du bois stocké en plein air.

Excellent. C’est également un bon moyen pour Sika de faire mieux connaître ses produits, qui déploient généralement leurs effets de manière cachée, au client final.

C’est vrai. C’est une belle idée.

Voilà une bonne idée pour conclure un entretien intéressant dont nous vous remercions vivement !

Lancement réussi du LPP 3 Portfolio 75

Même plus de trois ans après l’introduction des taux d’intérêt négatifs par la Banque nationale suisse, les taux suisses continuent à évoluer en dessous de zéro. Dans un tel contexte, les solutions de prévoyance présentant une part élevée d’action sont plus demandées que jamais. Swisscanto Fondation de placement a réagi à cet intérêt en lançant, le 6 juin 2018, le Swisscanto LPP 3 Portfolio 75. Cette nouvelle solution de prévoyance répond à deux besoins de la clientèle : une part élevée d’actions et une gestion active de l’avoir du pilier 3a investi en titres. Ce nouveau produit complète la vaste gamme de fonds de prévoyance attrayants de Swisscanto.

Comment les avoirs du pilier 3a sont-ils investis ?

75% de la fortune sont investis en actions (cf. graphique), les 25% restants en obligations et en immobilier suisse, cette dernière catégorie par le biais du groupe de placement Swisscanto FP Immobilier Suisse, qui passe largement par des placements immobiliers directs. La part des devises étrangères est limitée à 30% et partiellement couverte. Dans le benchmark, elle est de 24%. Ce produit de prévoyance met également l’accent sur les placements suisses, avec une quote-part stratégique de 42%. Les gestionnaires de portefeuille peuvent s’écarter de la répartition stratégique des actifs en fonction de leurs appréciations actuelles (gestion active).

Répartition stratégique de la fortune

Que doit-on prendre en considération ?

La solution de prévoyance Swisscanto LPP 3 Portfolio 75 dépasse la quote-part des actions prévue à l’art. 55 OPP 2. Par rapport aux obligations, les placements en actions ont des chances de rendement à long terme plus élevées. Compte tenu de l’horizon de placement à long terme dans la prévoyance, ils sont particulièrement attrayants dans ce domaine. Mais ils subissent des fluctuations plus importantes. Avant d’acquérir cette nouvelle solution de prévoyance, il convient donc d’avoir un horizon de placement plus long et de présenter une plus grande propension au risque ainsi qu’une plus grande capacité à assumer les risques. Le cas échéant, la solution Swisscanto LPP 3 Portfolio 75 peut également être utilisée en combinaison avec d’autres placements de prévoyance (avoirs en compte sur compte épargne 3 et autres titres), afin de répondre au mieux aux besoins individuels des investisseurs.

Quels sont les avantages ?

La gestion active de la fortune permet un rendement supplémentaire par rapport à une mise en œuvre indicielle. Les gestionnaires de portefeuille responsables analysent continuellement les marchés financiers et mettent à profit leur vaste expertise et leur longue expérience des marchés financiers pour prendre des décisions de placement tactiques professionnelles. Comme en attestent les récentes comparaisons de performances, Swisscanto Invest by Zürcher Kantonalbank fait partie depuis des années des principaux gérants de fortune et est le troisième prestataire en taille et le deuxième plus ancien pour la prévoyance privée en Suisse. Les investisseurs profitent ainsi d’une compétence éprouvée en matière de placements.

Comment sommes-nous positionnés ?

La croissance économique mondiale synchrone, encore célébrée en début d’année, commence à se lézarder. Alors que les Etats-Unis, malgré un cycle conjoncturel avancé, continuent à croître de façon très solide et peuvent s’enorgueillir d’une baisse du taux de chômage, l’Europe est aux prises avec divers problèmes. Malgré la bonne santé de l’économie mondiale et l’absence de signes de récession, nous avons diminué notre surpondération en actions. Nous estimons que les incertitudes économiques et politiques, quelle que puisse en être l’issue, maintiennent les marchés dans un carcan fragile. À l’intérieur des actions, nous favorisons les valeurs secondaires suisses ainsi que les titres japonais et américains. Nous restons fortement sous-pondérés dans les obligations suisses, mais surpondérés dans l’immobilier. Celui-ci affiche un rendement courant nettement plus élevé que les obligations en CHF et une demande durable de la part des investisseurs. Outre les obligations en devises étrangères, nous investissons aussi en emprunts convertibles mondiaux, qui profitent de la forte croissance des bénéfices des entreprises.

Positionnement tactique contre indice de référence en juillet 2018

 

Nicola Grass, Asset Manager Active Solutions, Swisscanto Invest by Zürcher Kantonalbank

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