" Dans la prévoyance, c’est la notion de solidarité qui compte. "

Stephan Wyss est partenaire fondateur de Prevanto SA. Il n’a jamais regretté sa décision de reprendre l’entreprise en 2015 à l’occasion d’un management buyout. Son équipe de près de 40 personnes s’occupe de nombreuses caisses de pension d’entreprises et du secteur public. Nous avons parlé avec Stephan Wyss de ses expériences en tant qu’entrepreneur, ainsi que de la proposition de réforme de la prévoyance professionnelle émanant du Conseil fédéral.

Monsieur Wyss, vous possédez une longue expérience sur le marché suisse de la prévoyance. Comment êtes-vous arrivé dans le secteur de la prévoyance ?

Initialement, je voulais être responsable des finances d’une PME. Après mes études d’économie, j’ai été pendant deux ans responsable de l’octroi de crédits à de grandes assurances suisses auprès d’une grande banque. J’ai constaté que la connaissance du côté passif me manquait pour pouvoir donner des conseils globaux. Pour combler cette lacune, j’ai décidé de suivre la formation d’expert en assurances de pension. Après cela, le passage à la branche de la prévoyance constituait donc une étape logique.

Et aujourd’hui, vous vous occupez en tant qu’entrepreneur indépendant d’institutions de prévoyance de toutes tailles. Voilà une bien lourde responsabilité …

Vous ne me croirez peut-être pas, mais personnellement, je n’ai pas ressenti de grande différence lorsque je suis passé du côté des employeurs. Certes, la responsabilité financière est bien plus lourde. Mais que je sois employé ou partenaire, ma motivation au travail et mon sens des responsabilités ont toujours été très forts. J’ai perdu mon père à lâge de douze ans et j’ai dû apprendre très tôt à assumer des responsabilités. A 13 ans à peine, je remplissais pour la première fois la déclaration d’impôts pour ma famille.

Une telle expérience vous marque pour la vie. Comment cela se traduit-il dans votre travail au quotidien ?

Je me sens éminemment responsable de mes clients et leur sécurité me tient à cœur.

Qu’est-ce qui vous plaît particulièrement dans votre travail ?

Très clairement : fournir une bonne présentation convaincante pour les clients et les partenaires. Dans le domaine des " relations personnelles ", c’est la force des arguments qui compte. De même, je suis comblé quand je peux aider mes clients à prendre des décisions importantes et accompagner la mise en œuvre par d’éventuelles mesures de correction. Enfin, la gestion du personnel me plaît énormément, car elle m’apprend beaucoup de choses sur mes collaboratrices et mes collaborateurs.

Y a-t-il aussi des choses qui vous plaisent moins dans le travail d’entrepreneur ?

Toutes les questions internes qui ne relèvent pas de la compétence explicite de quelqu’un finissent par atterrir sur mon bureau. Aujourd’hui, par exemple, c’était la sonnette de nos locaux qui était en panne. (il rit) Les blagues font aussi partie de la vie. Ce qui m’inquiète davantage, c’est d’une part la pression du temps, parfois artificielle, pour que les comptes annuels des entreprises de prévoyance soient établis de plus en plus tôt, presque comme pour les entreprises cotées en bourse. Cela entraîne une forte charge de travail saisonnière. Et d’autre part l’importance accordée aux coûts administratifs, que j’ai parfois du mal à comprendre. Enfin de compte, en termes financiers, ce qui compte pour une institution de prévoyance, c’est la performance nette sur la fortune ainsi que les bons paramètres techniques.

Abordons la réforme de la prévoyance professionnelle : le projet a-t-il des chances de passer ?

Non, d’après moi, telle que le projet est prévu, ilest déjà condamné à l’échec. Le Parlement va l‘examiner d’un œil critique. Il est important que nous ne soyons pas obligés de recommencer depuis le début. Mais une redistribution du style " le jeunes financent les riches et les vieux " serait inacceptable.

Quelles sont les propositions que vous trouvez meilleures ?

Il existe des alternatives réalistes telles que celle de l’Association suisse des institutions de prévoyance ASIP ou de l’ " Alliance pour une réforme de la prévoyance professionnelle susceptible de réunir la majorité ", qui regroupe la Société suisse des entrepreneurs, la Swiss Retail Federation et des banques employeuses. Les approches de solution qui y sont proposées ne s’adressent pas à l’Etat, mais sont axées sur les caisses de pension. Je préfère cela.

Selon Stephan Wyss, expert en assurances de pension, les caisses de pension devraient trouver des solutions décentralisées.

Donc plutôt pas de réforme que ce projet ?

La solution de " pis-aller ", consistant à tout laisser tel quel, serait peut-être meilleure. Je suis d’avis que les caisses de pension devraient résoudre le problème de manière décentralisée et non par le biais d’une procédure de répartition centrale. Il n’est pas acceptable que les assurés de caisses de pension qui ont bien fait leur travail soient désormais obligés de payer pour les assurés de caisses de pension qui n’ont pas fait le leur.

Quels sont les paramètres que vous voudriez modifier ?

Je trouve juste de réduire le taux de conversion et la déduction de coordination. Par ailleurs, j’augmenterais les bonifications d’épargne. Je procèderais à toutes les modifications en sachant qu’elles représentent une solution intermédiaire. Ce qui est également important, ce sont les mesures compensatoires supportables pour la génération transitoire concernée, afin d’atténuer les diminutions de rentes.

A quoi ressemblerait une solution idéale pour la prévoyance professionnelle ?

Ce serait une prévoyance sans déduction de coordination et avec des paramètres défensifs, ne faisant pas de promesses excessives, et donc capable de garantir la justice entre les générations, même par gros temps. Le processus d’épargne devrait commencer dès l’âge de 18 ans, comme dans l’AVS. Bien entendu, l’âge de la retraite devrait aussi être lié à l’espérance de vie. De façon générale, il serait bon de dépolitiser la prévoyance professionnelle. Cela renforcerait la responsabilité propre des individus. Mais pour que cela réussisse, il faudrait absolument intégrer dès la scolarité obligatoire une formation de base aux questions financières. Ces connaissances de base seraient ensuite approfondies durant la formation professionnelle.

Quels sont pour vous les plus grands défis ?

Un système totalement politique et en vigueur depuis 35 ans ne peut pas être remanié si facilement. Il est difficile de passer de l’état A critique à l’état B meilleur sans créer un nombre excessif de perdants sur le plan des prestations ou sur celui du financement. Bien sûr, tout le monde peut critiquer une solution de compromis telle que celle évoquée plus haut (optimisation de plusieurs paramètres). Mais si le citoyen appelé à voter est informé de manière simple et transparente, la correction tant attendue peut réussir, même sur le plan de la politique démocratique. En tant qu’optimiste, je suis fermement convaincu qu’une solution de compromis équilibrée serait soutenue par une majorité.

Stephan Wyss discute avec Sonja Spichtig de la proposition du Conseil fédéral de réforme de la prévoyance professionnelle.

A propos, que pensez-vous du libre choix de la caisse de pension ?

Ce point a déjà été souvent étudié et le constat a toujours été que ce n’est pas une bonne solution. Les employeurs cesseraient d’avoir intérêt à une bonne prévoyance. Et surtout, l’essentiel de la fortune de prévoyance des particuliers est épargné auprès d’une caisse de pension. Le choix d’une mauvaise caisse de pension aurait des conséquences dévastatrices pour l’individu. De mon point de vue, par exemple, les nouveaux plans 1e avec la possibilité de choisir librement les stratégies de placement ont un effet de désolidarisation. En caricaturant un peu, les cadres aux salaires plus élevés abandonnent la caisse de pension " normale " et la privent ainsi d’un " substrat de responsabilité " qui, sur le plan de la solidarité, serait important pour financer les obligations de rentes en cours.

Quel est votre message clé ?

Dans la prévoyance, l’idée de la solidarité compte toujours pour moi. Il faut penser en termes collectifs. J’observe une tendance à la désolidarisation et à l’individualisation et je doute fort que cela soit bon. La raison d’être de notre système de prévoyance suisse consiste avant tout à verser des rentes suffisantes et à ce que les plus forts se montrent solidaires envers les plus faibles.

Excellent message. Il est passionnant de parler de prévoyance avec vous. Est-ce que vous vous engagez également dans des organes professionnels ?

(il rit) Aujourd’hui, j’ai dû annuler pour cette interview une réunion du forum de la prévoyance. En outre, je suis membre du conseil consultatif de l’étude sur les caisses de pension en Suisse de Swisscanto et je rédige régulièrement des articles pour des revues au nom de Prevanto SA. J’interviens à la commission des examens pour les experts en assurances de pension et je suis membre du groupe de travail IFRS de la Chambre suisse des experts en caisses de pensions, dont j’ai été membre du Comité pendant huit ans. En tant qu’entrepreneur, j’échange tous les jours avec toutes sortes de personnes et de membres de conseils de fondation et, bien sûr, j’essaie aussi de faire avancer les choses par ce biais.

Stephan Wyss a été pendant huit ans membre du Comité du groupe de travail IFRS de la Chambre suisse des experts en caisses de pensions.

Vous êtes une personne très occupée ! Que faites-vous pour préserver l’équilibre entre votre vie professionnelle et votre vie privée ?

Pendant mon temps libre, je profite du temps que je passe en famille et je fais du sport. Autrefois, je pratiquais le marathon alpin, par ex. celui de la Jungfrau. L’an dernier, après une longue interruption, j’ai couru à nouveau un semi-marathon et j’ai constaté que je n’échappais pas au phénomène du vieillissement (il rit). Sinon, j’aime faire du vélo en tandem avec ma femme et j’essaye de passer beaucoup de temps avec nos deux fils. Le plus jeune a besoin de soins intensifs permanents. Heureusement, mon épouse a parfaitement organisé notre agenda familial. Chaque fois que nous en avons le temps, nous pratiquons des activités sportives ensemble, par ex. du ski en hiver, du vélo et de la voile en été. C’est de cela que je tire mon énergie pour mon travail.

Belle parole de conclusion. Merci beaucoup de nous avoir accordé cet intéressant entretien, Monsieur Wyss.

Swisscanto Invest s’engage en faveur du climat

Swisscanto Invest continue à consolider sa position de précurseur en matière de développement durable. L’Asset Management de la Zürcher Kantonalbank est le premier prestataire de fonds à mettre en œuvre l’objectif climatique de Paris dans sa gamme de produits active. Ainsi, tous les fonds de placement à gestion active visent une réduction des émissions de CO2 d’au moins 4% par an.

La nouvelle stratégie en faveur du climat mise sur le dialogue et l’allocation du capital

Swisscanto Invest est le premier prestataire de fonds à mettre en œuvre un objectif de réduction annuel du CO2 de 4% lors des décisions d’investissement dans des fonds actifs. Il investit dans des entreprises et des Etats qui réduisent leurs émissions de CO2 d’au moins 4% par an. Il fait ainsi œuvre de pionnier dans la finance suisse en apportant une contribution mesurable à la protection du climat.

En tant qu’actionnaire et bailleur de fonds, Swisscanto Invest veille, par le biais du dialogue actif, à ce que les entreprises formulent des objectifs ambitieux de réduction du CO2 d’au moins 4% par an et les mettent en œuvre avec rigueur. L’allocation du capital permet de garantir que tous les fonds de placement actifs traditionnels présentent une baisse de leurs émissions de carbone. Elle écarte ainsi les entreprises et les Etats à forte intensité de CO2 qui ne disposent pas de stratégie visant à abaisser leurs émissions de CO2. En revanche, elle surpondère les entreprises et les Etats efficaces en matière de réduction des émissions de CO2 et qui poursuivent des objectifs de réduction correspondants.

Un objectif climatique atteint par le dialogue et l’allocation du capital

L’objectif climatique de Paris vise à limiter le réchauffement du globe à moins de 2 degrés Celsius

La Conférence des Nations Unies sur le climat organisée à Paris en 2015 a adopté l’objectif consistant à limiter le réchauffement global anthropogène à moins de 2 degrés Celsius, et si possible à moins de 1,5 degré Celsius. Cela signifie que d’ici environ le milieu de ce siècle, les agents énergétiques fossiles que sont le charbon, le pétrole et le gaz devront avoir été presque intégralement remplacés, et que les émissions nettes de CO2 devront être tombées à zéro. Pour atteindre l’objectif climatique de Paris, les émissions mondiales de CO2 devront baisser chaque année d’au moins 4% à partir de 2020. La Suisse a ratifié l’accord de Paris sur le climat en 2017 et s’est ainsi notamment engagée à orienter ses flux de capitaux de manière à ménager le climat.

Intégration systématique des critères ESG dans toutes les décisions de placement actives

La prise en compte systématique des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (critères ESG) dans tous les processus de placement actifs évolue. L’analyse approfondie des diverses dimensions ESG fournit des informations supplémentaires aux gestionnaires de portefeuilles et permet de prendre de meilleures décisions de placement. Une justification et une documentation séparées sont nécessaires si le gestionnaire de portefeuille souhaite conserver dans le fonds les entreprises ou les pays présentant les risques ESG les plus élevés. Les placements dans les entreprises qui génèrent plus de 10% de leur chiffre d’affaires avec la production de charbon sont systématiquement abandonnés. Les risques d’investissement sont ainsi réduits.

Les rapports sur la durabilité assurent la transparence

A l’aide des rapports détaillés consacrés à la durabilité, les clients peuvent suivre régulièrement et en toute transparence l’évolution effective du marché et de leurs actifs investis dans des produits de placement de Swisscanto Invest sur le plan de l’objectif de réduction du CO2. Les efforts d’engagement entrepris jusque-là sont étendus aux titres internationaux. Dans ce contexte, les paramètres ou dimensions de durabilité pris en considération sont notamment :

  • les notations ESG (propres et de tiers)
  • les intensités en CO2 y compris la mesure de la compatibilité avec l’objectif climatique de 2 degrés
  • les entreprises exclues

Concrètement, l’empreinte carbone par secteur et par classe d’actifs est indiquée et comparée avec le benchmark correspondant.

Le réchauffement global anthropogène doit être limité à moins de 2 degrés Celsius

La liste noire est également étendue aux produits indiciels

Depuis le début de 2020, la liste noire est appliquée à toute la gamme des fonds, c’est-à-dire aussi aux produits passifs. Sont notamment exclus les fabricants d’armes proscrites (mines antipersonnel et terrestres, bombes et munitions à fragmentation, armes biologiques et chimiques et armes nucléaires). Pour se prononcer, Swisscanto Invest s’appuie avant tout sur la législation suisse ainsi que sur les accords internationaux ratifiés et reconnus par la Suisse. De façon générale, son appréciation se recoupe avec les recommandations d’exclusion de l’ASIR, l’Association suisse pour des investissements responsables. Elle se réserve cependant le droit d’exclure de son propre chef des entreprises supplémentaires ou de renoncer à une exclusion.

Sélection d’importants partenariats de Swisscanto Invest

  • Eurosif (Codex européen de transparence pour les fonds de développement durable) : En signant le Code européen de transparence pour les fonds de développement durable, Swisscanto Invest en sa qualité de gestionnaire de fonds suisse confirme son engagement en faveur de la transparence vis-à-vis des investisseurs. Eurosif est un groupement d’associations professionnelles nationales pour les investissements financiers durables à l’échelle européenne.
  • PRI (Principes pour l’investissement responsable) : Les six Principes des Nations Unies pour l’investissement responsable dressent la liste de critères environnementaux, sociaux et de gouvernance pertinents pour les marchés financiers. En 2009, la Zürcher Kantonalbank a été l’une des premières banques universelles d’Europe à signer les PRI.
  • CDP (Carbon Disclosure Project) : Depuis 2005, la Zürcher Kantonalbank est signataire du Carbon Disclosure Project (CDP), une organisation à but non lucratif qui s’est fixée pour objectif de créer davantage de transparence sur le plan des émissions de gaz à effet de serre nocifs pour le climat.
  • SSF (Swiss Sustainable Finance) : SSF a été fondée en 2014 dans le but de faire de la Suisse un centre majeur de la finance durable. La Zürcher Kantonalbank est membre de Swiss Sustainable Finance depuis 2015.

D’autres partenariats figurent ici.

Sélection des initiatives d’investisseurs signées

  • Task Force on Climate-related Financial Disclosure (TCFD) : Ce groupe de travail met au point des indications cohérentes sur les risques financiers en rapport avec le climat, qui peuvent être utilisées par les entreprises pour informer les investisseurs, les bailleurs de fonds, les assureurs et les autres parties prenantes.
  • Initiative du PNUE relative au financement (UNEP FI) : Mobilisation de ressources financières du secteur privé pour un développement durable en matière de qualité de vie humaine.
  • Climate Bonds Initiative : Création d’un important marché liquide pour les obligations vertes et climatiques.
  • PRI – Déclaration des investisseurs sur la déforestation et les feux de forêts en Amazonie : Sensibilisation des entreprises à la tendance inquiétante à la déforestation de la forêt tropicale et aux effets négatifs qui en découlent pour la diversité biologique et le changement climatique.
  • Principes d’autonomisation des femmes des Nations Unies : Promotion de l’égalité des sexes et du renforcement du rôle des femmes dans les entreprises.

Le nouveau standard de durabilité en un coup d’œil

  • Swisscanto Invest s’engage en faveur de l’objectif climatique de Paris et oriente les activités d’investissement dans les fonds de placement traditionnels gérés activement vers une réduction des émissions de CO2 d’au moins 4% par an.
  • Les critères ESG impératifs sont applicables dans tous les fonds de placement gérés activement.
  • Il est systématiquement renoncé à investir dans les entreprises qui génèrent plus de 10% de leur chiffre d’affaires avec la production de charbon.
  • Les droits de vote sont exercés pour 100% des actions détenues et un dialogue actif est mené avec les entreprises à propos des principes ESG. Le comportement électoral est publié de manière transparente.
  • Liste noire également dans les opérations indicielles : les entreprises qui fabriquent des armes proscrites sont exclues à 100% du patrimoine de Swisscanto Invest.
  • Pas de développement durable sans transparence : les clients reçoivent des rapports réguliers sur l’intensité de CO2, sur les risques globaux et sur les notations de leur placement.

Avec cette orientation, Swisscanto Invest se positionne une fois de plus comme un précurseur en matière de développement durable. Vous trouverez de plus amples informations dans la brochure Notre credo : la durabilité.

Déflation aujourd’hui, inflation demain – ou après-demain

A moyen terme, les tendances déflationnistes l’emportent

Les mesures visant à maîtriser l’effondrement de l’économie dans le sillage de la pandémie de COVID-19, jointes aux caractéristiques de la récession actuelle, fournissent l’intrigue d’un scénario inflationniste. Dans lous les cas, les ingrédients nécessaires tels qu’un choc de l’offre, une politique monétaire et budgétaire fortement expansionniste, une faible productivité et des tendances au rétablissement des barrières aux échanges sont présents. Faut-il s’attendre à un revirement de tendance en ce qui concerne l’évolution de l’inflation ? De nombreux acteurs du marché voient des parallèles avec la stagflation des années 1970, où l’inflation avait progressé pendant la récession. Les conditions préalables à un scénario inflationniste seraient réunies, mais la lacune de production s’est ouverte dans un contexte où l’inflation était déjà faible et ne se comblera pas de sitôt. Nous sommes donc d’avis qu’à moyen terme, les tendances déflationnistes l’emporteront sur le marché des produits et des services. Et comme le montre le Japon, même un financement de l’Etat par la banque centrale par la petite porte n’a pas impérativement de conséquences inflationnistes à moyen et à long terme. Il en va différemment de l’inflation du patrimoine.

L’inflation, cadavre ou belle endormie ?

A la fin des années 1970, l’inflation avait atteint des pourcentages à deux chiffres. Cette période a été suivie par une période de taux d’intérêt élevés qui a réussi à juguler l’inflation. Depuis lors, la tendance de l’inflation est à la baisse, tout comme celle des taux d’intérêt. A chaque reprise économique, l’inflation et les taux sont remontés, mais pour se fixer à un niveau encore plus faible après chaque cycle conjoncturel.

Inflation et taux directeur aux Etats-Unis
(moyenne sur 10 ans en %)

Depuis la crise financière de 2008/09, les banques centrales n’ont cessé d’accroître la masse monétaire et les gouvernements l’endettement public. Avec la pandémie actuelle, ces interventions ont atteint des proportions gigantesques. Les banques centrales avancent en direction de la monétisation des dettes, et des conceptions à la mode telles que la " modern monetary theory " sont désormais loin de relever de l’utopie. Et alors que la mondialisation a été le principal moteur déflationniste de ces trente dernières années, les tendances actuelles à la démondialisation devraient plutôt être inflationnistes.

Implications pour les investisseurs

Même si les ingrédients de base d’un scénario inflationniste existent à long terme, nous estimons que le potentiel à moyen terme d’une hausse substantielle de l’inflation est très limité. Nous ne prévoyons ni de pénurie de biens ni de hausse supérieure à la moyenne de la demande. En outre, les mesures fiscales servent uniquement à préserver les structures économiques et non à les étendre. Du fait que le désenchevêtrement des chaînes mondiales de création de valeur entraîne des coûts élevés et des abandons, la pression sur les prix qui découle des tendances à la démondialisation reste limitée. Ce qui est décisif, c’est qu’à moyen terme, l’économie mondiale fera plutôt face à des surcapacités qu’à des sous-capacités. Sur les 12 prochains mois, des effets de base sur le niveau des prix sont concevables suite à une stabilisation des prix du pétrole. Mais cela ne conduira qu’à une normalisation des attentes en matière d’inflation. Comme la baisse de la productivité au début d’une récession se traduit avant tout par des rendements réels faibles, voire négatifs, et non par une augmentation des coûts salariaux unitaires, l’inondation de liquidités stimulera avant tout l’inflation des actifs.

Inflation des actifs : découplage entre les actions et le PIB mondial
(indexé : 31.12.2008 = 100)

Certes, la pandémie a arrêté totalement l’économie avec un effet déflationniste direct sur les actions. Mais la politique monétaire encore plus expansionniste qui a suivi a à nouveau fortement avantagé les conditions de financement mondiales et donc apaisé la volatilité sur les marchés financiers. A court terme, les marchés sont encore en phase d’ajustement. Malgré les espérances de bénéfices des entreprises plus faibles, rien n’a cependant changé dans l’attractivité relative à moyen ou à long terme des actions par rapport aux obligations. L’inflation reste pour l’instant un danger latent qui pourrait se déployer à long terme, comme c’était déjà le cas depuis dix ans.

Manuel Ferreira, économiste en chef et stratège en chef de la Zürcher Kantonalbank

 

frankly – la nouvelle appli pour ton 3e pilier

L’objet de la prévoyance vieillesse

Surmonter les turbulences et mobiliser les jeunes : la prévoyance doit désormais faire bouger tout le monde.

Rapport des Assemblées des investisseurs des Swisscanto Fondations de placement

Le lieu des Assemblées n’aurait pu être mieux choisi : la terrasse du casino de Zoug offrait un large panorama sur le lac et les montagnes, alors que les participants réunis dans la salle du théâtre du casino se consacraient à la tradition et aux valeurs. La 46e Assemblée des investisseurs de Swisscanto Fondation de placement et la 13e Assemblée des investisseurs de Swisscanto Fondation de placement Avant proposaient de passionnants exposés ainsi qu’une discussion animée, complétés, à la surprise générale, par des airs de cor des Alpes joués par un membre démissionnaire du Conseil de fondation.

Les photos de la manifestation figurent ici.

Dr Thomas Vock, Président du Conseil de fondation des Swisscanto Fondations de placement et responsable Asset Management de la Banque Cantonale Bernoise, accueille les invités.

Le Dr Thomas Vock, Président du Conseil de fondation, a souhaité la bienvenue aux invités et passé la parole à Pascal Niquille, CEO de la Zuger Kantonalbank, qui a profité de son allocution de bienvenue pour donner à l’assemblée un aperçu varié du canton de Zoug, dont la petite taille géographique n’empêche pas la grande importance économique.

Sonja Spichtig, Directrice des Swisscanto Fondations de placement, a présenté une vue d’ensemble de l’exercice écoulé qui, pour reprendre ses termes, " n’avait pas manqué
de sel ", avec un premier semestre riche en turbulences et un second à nouveau plus calme. Au 30 juin 2019, les Swisscanto Fondations de placement géraient une fortune de placement de 17,6 milliards de francs et arrivaient en quatrième position par ordre de taille parmi les fondations de placement CAFP, avec une part de marché de 13% sur la base de la fortune nette.

Sonja Spichtig, Directrice de Swisscanto Fondations de placement, a présenté un aperçu de l’exercice écoulé.

L’ordre du jour a été adopté à la quasi-unanimité. Deux membres du Conseil de fondation, Ueli Manser et Mireille Seidler Rugel, ont annoncé leur départ. Pia Burch, Directrice de la caisse de pension Sika et de la fondation de secours de Sika, a été élue au Conseil de fondation qu’elle fera bénéficier de ses profondes connaissances d’experte en prévoyance. Après environ 50 minutes, le Président du Conseil de fondation a clos les deux Assemblées des investisseurs en remerciant chaleureusement toutes les personnes présentes.

Les perspectives du marché ont ensuite été présentées par Stefano Zoffoli, stratège en placements et responsable du portefeuille multi-actifs de Swisscanto Invest by Zürcher Kantonalbank.

Stefano Zoffoli, stratège de placements et responsable du portefeuille multi-actifs de Swisscanto Invest by Zürcher Kantonalbank.

" Play it again, Jay " – c’est par cette allusion au film " Casablanca " que Stefano Zoffoli a expliqué les demandes actuelles adressées aux banques centrales afin qu’elles " rejouent tout le temps la même chanson. " Notamment Jerome " Jay " Powell, de la FED, est invité à jouer la carte des taux d’intérêt et à soutenir ainsi le secteur industriel mondial, lui aussi chancelant depuis 18 mois. Le secteur des services situé en aval est encore suffisamment solide et important pour y résister, mais Stefano Zoffoli a ajouté que des tendances négatives se font jour : protectionnisme croissant au plan international, fragilisation de la stabilité politique dans des pays réputés stables jusque-là, tels que l’Allemagne, et mesures publiques devenant de plus en plus populistes. " ll n’est pas possible de s’attendre actuellement à des solutions globales aux grands problèmes, mais plutôt à des mini-solutions pour certains domaines limités. " Stefano Zoffoli a cependant tranquillisé les auditeurs en précisant qu’il ne voyait pas les marchés mondiaux avec autant de pessimisme que de nombreux commentaires récents dans les médias. Certes, il faut s’attendre à un tassement de la conjoncture, mais la récession ne menace pas.

Le stratège en placements s’est inscrit en faux contre le préjugé tenace selon lequel les actions seraient aujourd’hui trop chères. D’une part, des valeurs maximales ont déjà été atteintes il y a deux ans. D’autre part, les actions ne sont pas sensiblement plus chères que sur la moyenne de ces seize dernières années.

L’orateur invité Yannick Blättler, 26 ans, fondateur et propriétaire de la société NEOVISO Sàrl.

" Qu’est-ce qui fait bouger la génération Z ? " L’orateur invité, Yannick Blättler, 26 ans, fondateur et propriétaire de la société NEOVISO Sàrl, a répondu à cette question par une foule de faits présentés de manière divertissante. Des déclarations vidéo de représentants de la génération Z âgés de 14 à 24 ans l’ont montré de façon percutante : ce n’est pas la prévoyance vieillesse qui les soucie.

Pour de nombreux jeunes, la question de savoir si l’argent tiendra encore jusqu’à la fin de la semaine est plus urgente que les réflexions sur leur situation financière lorsqu’ils seront âgés. Cependant, les sondages de NEOVISO montrent que certains des thèmes qui préoccupent aujourd’hui la génération Z présentent bel et bien un horizon temporel éloigné, pour ne pas dire très éloigné : les changements climatiques, par exemple, ou la question du rôle de chacune et de chacun à une époque où la révolution numérique s’accélère.

La question majeure est donc de savoir comment faire pour capter l’attention des jeunes en faveur du thème de la prévoyance vieillesse. Yannick Blättler a posé à la salle une question provocatrice : " Est-ce que la génération Z comprend ce que vous faites ? " Il ne suffit pas de distribuer des brochures imprimées ou de créer des sites web riches en informations : plus personne n’atteint la génération Z par ces méthodes. " Vous devez aller les chercher là où ils se trouvent : dans leurs canaux, donc YouTube, Instagram, TikTok ou Snapchat. "

Yannick Blättler, Sonja Spichtig et Hanspeter Konrad (de g. à d.) lors de la table ronde.

Mis sur la " sellette ", les représentants de la vieille génération se sont montrés d’abord choqués par le désintérêt des jeunes pour les questions de prévoyance. " Si nous voulons préserver notre principe des 3 piliers, nous devons y sensibiliser la jeunesse, " a constaté Hanspeter Konrad, Directeur de l’Association suisse des institutions de prévoyance ASIP.
" Et surtout, nous devons mieux préparer nos dossiers avant la prochaine votation. " Sonja Spichtig a réclamé une fois de plus que les écoles abordent les questions de prévoyance, suivant en cela l’exemple de l’offre pédagogique et didactique " FinanceMission " déjà existante. " Il faut absolument que ce contenu, appelé le ‘snackable content’, soit présenté par bouchées faciles à digérer, du point de vue des jeunes et d’égal à égal ", a confirmé Yannick Blättler. Sur quoi, Sonja Spichtig a profité du moment propice pour convaincre Hanspeter Konrad et Yannick Blättler de se lancer dans une action concrète commune ayant pour objectif d’aider la génération Z à développer des compétences en matière de prévoyance vieillesse.

 

Ce qu’il en adviendra, les participants le sauront dans un an : les prochaines Assemblées des investisseurs auront lieu à Zurich le 23 octobre 2020.

A la surprise générale, Ueli Manser a quitté ses fonctions au Conseil de fondation en faisant retentir son cor des Alpes pendant le cocktail.

Les photos de la manifestation figurent ici.

" Il est temps de céder la place "

Ueli Manser, Directeur de la Appenzeller Kantonalbank, est venu à l’Assemblée des investisseurs de Zoug avec son cor des Alpes, qu’il transporte en permanence dans sa voiture. Il a ainsi gratifié les participants de deux morceaux vivement appréciés, qu’il a interprétés à l’issue de l’Assemblée des investisseurs, la dernière à laquelle il assistait en sa qualité de membre du Conseil de fondation. Au bout de onze ans, M. Manser quitte son poste pour faire place à des " idées neuves ", comme il le dit lui-même.

Monsieur Manser, vous avez été membre du Conseil de fondation pour les Swisscanto Fondations de placement pendant onze ans. Comment avez-vous vécu cette période ?

Ces onze années au Conseil de fondation ont été tout à fait intenses et passionnantes pour moi. En tant qu’ancien expert fiduciaire, je suis très axé sur les détails et en tant que CEO d’une banque, j’ai toujours le regard fixé sur l’approche globale. J’ai essayé de faire en sorte que ces deux facettes profitent à mon travail pour les Swisscanto Fondations de placement.

Concrètement, quelles étaient vos missions ?

Il n’existe pas de départements classiques au sein du Conseil de fondation. Néanmoins, chaque membre possède bien sûr des connaissances spécifiques. Moi, je viens du domaine des PME et du financement ; je me suis donc particulièrement engagé dans les décisions d’investissement.

De quelle manière ?

En posant de nombreuses questions critiques aux décisionnaires et en mettant à profit mes expériences professionnelles passées. La bienveillance des relations au sein du Conseil de fondation permettait d’ailleurs des discussions à la fois ouvertes, constructives et parfois critiques, pour élaborer des solutions et des décisions de qualité.

En tant que membre du Conseil de fondation, qu’avez-vous pu faire progresser ?

J’ai pu m’engager dans d’importantes décisions d’achat en matière immobilière. Un autre sujet central durant mon mandat a été la vente de Swisscanto à la Zürcher Kantonalbank, il y a quatre ans. Les débats ont alors été controversés et axés sur la solution : à quoi ressemblera la configuration finale ? Quelles sont les responsabilités ? Quelle est la
mission ? Cette période a été très intéressante. Je suis convaincu que les Swisscanto Fondations de placement indépendantes sont bien positionnées et offrent de très bonnes opportunités de placement aux caisses de pension, grâce à leurs nombreux véhicules de placement différents.

Ueli Manser en discussion avec Sonja Spichtig. Au Conseil de fondation, il a pu s’engager dans d’importantes décisions d’achat en matière immobilière.

Vous vous souviendrez sans doute toute votre vie de cette période. Et de quoi d’autre ?

Je garderai de très nombreux bons souvenirs. Les moments forts étaient les ateliers stratégiques. Ceux-ci, tout comme les réunions du Conseil de fondation, se déroulaient généralement à Zurich. Pour y assister, je quittais volontiers mon petit Appenzell pour une ou deux journées. Mon point culminant personnel s’est produit lorsque j’ai invité mes sept collègues pour une réunion en Appenzell. Nous avons ensuite déjeuné ensemble dans la célèbre auberge de montagne Äscher, puis nous sommes partis faire une randonnée. Cela nous a permis, pour une fois, de cesser de parler de stratégies de placement pour évoquer nos familles et nos hobbies et ainsi nous connaître un peu mieux sur un plan personnel.

On dirait que vous regrettez votre activité au Conseil de fondation. Pourquoi vous arrêtez-vous ?

Après onze années, j’ai vu beaucoup de choses. Certaines commencent à se répéter, et dans ce cas-là, on en vient à s’interroger : est-ce que je suis encore capable d’apporter une contribution nouvelle ? Ou bien est-il temps de faire de la place pour une personne qui aborde les choses avec des idées neuves ? J’ai répondu pour moi à la seconde question par l’affirmative.

Qu’est-ce qui va vous manquer ?

Très certainement mes collègues, que je ne rencontrerai plus aussi régulièrement. Ce sont des personnes que j’ai appris à apprécier pendant toutes ces années. Et bien sûr les aperçus du passionnant monde des investissements, avec ses véhicules de placement si variés.

Les onze années passées au Conseil de fondation ont été aussi intenses que passionnantes pour Ueli Manser.

Si vous pouviez donner un conseil à la personne qui va vous succéder, que lui diriez-vous ?

Il faut participer aux discussions de façon active et sans craindre la controverse. Profiter du contexte captivant et assumer son travail avec plaisir.

Combien de temps votre fonction au Conseil de fondation vous a-t-elle pris ?

Au total environ deux semaines par an. Pendant huit jours, nous nous rencontrions pour un atelier de stratégie, des réunions du Conseil de fondation et l’Assemblée des investisseurs. A cela s’ajoutent encore trois ou quatre jours de préparation. Mais avant que vous ne me demandiez ce que je vais faire avec le temps qui va ainsi se libérer, je peux vous dire qu’il est déjà plus que rempli.

Je voulais justement en venir là. A quoi consacrez-vous donc votre temps ?

Juste après avoir pris la décision de quitter mes fonctions au Conseil de fondation, on m’a demandé si je voulais entrer au Conseil d’administration de la Centrale de lettres de gage des banques cantonales suisses. Après une brève réflexion, j’ai accepté. La perspective de représenter les petites banques cantonales dans une telle enceinte me plaît. Cela constituera ma nouvelle mission, aux côtés de ma profession principale de directeur de la Appenzeller Kantonalbank, bien sûr.

A quoi ressemble votre quotidien professionnel ?

Avec des effectifs de 97 personnes, nous ne sommes pas une toute petite banque, mais nous ne sommes certainement pas la plus grande non plus. C’est pourquoi je suis impliqué dans tous les domaines, ce qui rend mon travail aussi passionnant que diversifié. Je prépare les réunions du Conseil de banque, je dirige les réunions hebdomadaires de la Direction générale, je plausibilise les rapports de risque, je mène des entretiens avec les candidates et les candidats, je représente la Appenzeller Kantonalbank lors des nombreuses manifestations organisées pour les entreprises ou pour les clients, et je fais valoir mes idées en matière de planification du marketing. Je ne cesse d’apprendre des choses nouvelles. C’est d’ailleurs là un aspect qui me plaisait aussi dans mon activité de membre du Conseil de fondation.

Ueli Manser au bord du lac de Zoug.

Et quand le travail est terminé, vous en profitez pour vous détendre ?

Pas nécessairement. J’aime apprendre et je pratique la détente active. C’est pourquoi, arrivé à 50 ans, j’ai décidé d’apprendre à jouer du cor des Alpes. Quand j’avais une vingtaine d’années, je jouais de la trompette, ce qui m’a donné de bonnes bases pour ce nouvel instrument. Mais le cor des Alpes est passablement différent. Le week-end, j’aime aller jouer du cor des Alpes très tôt le matin dans la montagne. Dernièrement, j’ai joué trois morceaux à 7 heures du matin près du lac de Seealp, c’était une détente absolue ! Sinon, j’aime passer du temps avec ma famille. En hiver, je remplace la randonnée par le ski, que je pratique notamment dans le domaine skiable d’Ebenalp.

Permettez-nous encore une dernière question : à votre avis, que faudrait-il faire pour assurer la stabilité de la prévoyance à long terme ?

Il faudrait réfléchir aux critères qui n’ont pu recueillir une majorité lors du dernier paquet proposé, et les adapter afin qu’ils puissent franchir les obstacles devant les deux chambres et dans les urnes. Il est urgent de corriger le taux de conversion dans le domaine obligatoire. Prendre un nouvel élan, telle serait ma proposition.

Merci de nous avoir accordé ce passionnant entretien et bonne continuation !

" En entrant au Conseil de fondation, je me suis tout à coup retrouvée moi-même de l’autre côté du miroir "

Née dans le Jura, elle habite à Coldrerio dans le Tessin et travaille à Bâle. Sur le plan professionnel, Mireille Seidler Rugel, Directrice de la Fondation du personnel Transporta, se déplace souvent. Son dernier voyage pour le Conseil de fondation de Swisscanto Fondations de placement l’a menée à Zoug pour l’Assemblée des investisseurs. Elle nous explique ici pourquoi elle quitte son poste au Conseil de fondation, ce qui va lui manquer et les événements futurs dont elle se réjouit.

Madame Seidler Rugel, vous avez travaillé ces quatre dernières années pour Swisscanto Fondations de placement au sein du Conseil de fondation. Pourquoi vous arrêtez-vous ?

J’estime que les membres indépendants du Conseil de fondation devraient être représentés par des investisseurs actifs. Ceux-ci connaissent les besoins et les souhaits des investisseurs, tel par exemple le besoin de placements liquides et à faibles risques. Or, en raison de son repositionnement stratégique, mon institution de prévoyance n’est plus un investisseur de Swisscanto Fondation de placement depuis cette année ; c’est pourquoi je me retire du Conseil de fondation. Mais nous continuons à investir dans des fonds Swisscanto.

Comment avez-vous vécu cette période au sein du Conseil de fondation ?

J’ai fait de nombreuses expériences. Que se passe-t-il en coulisse ? Comment la fondation de placement est-elle organisée ? Tout cela a été fascinant. Mais pour moi, c’est le changement de perspective qui a été révélateur. En tant que directrice d’une caisse de pension, je fais rapport aux membres du Conseil de fondation et je leur soumets des requêtes. Et là, tout d’un coup, je me suis retrouvée moi-même au Conseil de fondation, à prendre les décisions nécessaires sur la base de requêtes déposées. Toutes les informations requises sont-elles disponibles ? La demande est-elle suffisamment expliquée ? Toutes ces questions sont également valables pour mon propre Conseil de fondation.

Mireille Seidler Rugel en discussion avec Sonja Spichtig.

Votre activité au Conseil de fondation vous a donc permis d’acquérir des connaissances supplémentaires utiles dans votre rôle de directrice ?

Certainement. D’un autre côté, en tant que membre du Conseil de fondation, j’ai pu faire profiter Swisscanto Fondations de placement de mes connaissances et de mes expériences tirées de la pratique. Quels sont les besoins actuels des caisses de pension en matière de placements ? Qu’est-ce qui leur tient à cœur ? Vont-elles effectivement acheter nos nouveaux produits ? Ce sont là des questions centrales auxquelles une réponse doit être donnée. Dans ce contexte, j’ai pu faire valoir les intérêts des investisseurs.

Vous êtes à la tête de la Fondation du personnel Transporta depuis 2003 déjà. En tant qu’experte, comment jugez-vous la situation de la prévoyance en Suisse ?

Nous devons veiller à ce que l’allongement de l’espérance de vie puisse être financé, et ce, tout en respectant le contrat social. Or, la prévoyance professionnelle, en coordination avec le 1er pilier, a pour mission le maintien du niveau de vie antérieur de façon appropriée. J’ai parfois le sentiment que les mesures prises pour financer l’espérance de vie suffisent, mais qu’en contrepartie, l’objectif du 2e pilier n’est plus atteint. Nous ne devrions pas seulement regarder les chiffres, par exemple le taux de conversion, mais aussi leurs incidences sur les gens. De même, nous devons absolument expliquer aux jeunes assurés l’importance de la prévoyance. A mon avis, il est essentiel de diffuser davantage d’informations, et des informations ciblées.

Les Assemblées des investisseurs de Zoug seront les dernières auxquelles vous participerez. Quel souvenir garderez-vous de votre mandat au Conseil de fondation ?

J’y ai passé une période réellement intense et passionnante. Plusieurs sujets dont je me souviendrai me viennent à l’esprit, à titre d’exemple, le lancement du groupe de placement " FP Hypothèques Suisse ". Ce dont je me souviendrai également, ce sont des échanges avec les autres membres du Conseil de fondation. Et une journée très particulière, où, pour une fois, nous avons quitté Zurich pour tenir notre réunion en Appenzell. Notre collègue nous invitait à une randonnée dans son superbe canton. Cette randonnée est devenue légendaire, car un membre du Conseil de fondation y a perdu les semelles de ses chaussures.

" Mon travail à la tête de la Fondation du personnel Transporta me plaît toujours énormément. "

Il a quand même pu redescendre ?

Oui, quelqu’un avait un bout de ficelle qui a permis d’attacher les semelles aux chaussures. C’était donc un véritable travail d’équipe.

Vos collègues vont-ils vous manquer ?

Bien sûr. Nos échanges, nos divergences de vues et les compétences variées des uns et des autres vont me manquer. Dans une telle enceinte, chaque personne apporte quelque chose de particulier. C’est ce qui fait l’unicité de l’ensemble.

Vous allez être remplacée par Pia Burch, responsable de la caisse de pension de Sika. Quel conseil souhaitez-vous lui donner ?

Je ne crois pas qu’elle ait besoin de conseils professionnels : elle possède une expérience suffisamment large et longue. Mais je lui recommande de faire preuve de curiosité, de poser des questions et de prendre plaisir au sein du Conseil.

Vous allez avoir un peu plus de temps disponible. Comment allez-vous le mettre à profit ? Que vous réjouissez-vous de pouvoir faire ?

Je vais me rendre un peu moins souvent à Zurich. C’est dommage, mais d’un autre côté, je voyage suffisamment entre Bâle où je travaille et le Tessin où je vis. De toute manière, le temps gagné est déjà partiellement affecté : je vais désormais m’engager dans la commission de qualité d’un organisme de formation dans le canton du Jura. Celui-ci a pour mission de veiller à la qualité des enseignements et des examens.

Comment est-ce arrivé ?

Cela fait de nombreuses années que j’enseigne dans cette organisation cantonale jurassienne. J’y donne des cours dans le domaine de la prévoyance professionnelle, aussi bien pour le brevet fédéral en assurances sociales que sur le plan des connaissances de base des assurances sociales. C’est pourquoi on m’a demandé de participer à cette commission nouvellement constituée, ce dont je suis ravie.

" Nous devons veiller à ce que l’allongement de l’espérance de vie puisse être financé, et ce, tout en respectant le contrat social. "

Voilà un programme qui semble bien chargé.

Il évite la monotonie. J’aime beaucoup mon métier et la prévoyance professionnelle en général. Mais je sais aussi me détendre : j’aime passer du temps chez moi, profiter du jardin et cuisiner avec mon mari pour la famille et les amis. En outre, nous adorons passer du temps avec nos petites-filles, qui vivent dans les Grisons. Et puis, nous nous rendons régulièrement dans nos familles respectives dans le Jura, à Bâle et un peu partout en Suisse. Saviez-vous d’ailleurs que le Jura est la perle de la Suisse ?

Où nous retrouverons-vous dans cinq ans ?

Je suis une personne très ouverte et je suis confiante sur ce qui se pourrait se trouver sur ma route. De fait, je n’aime pas trop tout prévoir à l’avance. Mon travail à la tête de la Fondation du personnel Transporta me plaît toujours énormément. Mes tâches sont très diversifiées et vont du développement de nouveaux plans de prévoyance à la révision des règlements en passant par les conseils aux assurés, les processus de sélection des produits de placement, les assainissements immobiliers. Je vais certainement rester fidèle à ce métier captivant pour un certain temps.

Merci de nous avoir accordé ce passionnant entretien et bonne chance pour l’avenir !

Le mandat turbulent du Président de la BCE Mario Draghi touche à sa fin

La puissance des mots

Lorsque Mario Draghi prend la tête de la Banque centrale européenne (BCE) à l’automne 2011, la zone euro est en pleine crise de la dette. Des plans de sauvetage de plusieurs milliards sont déjà ficelés pour la Grèce, l’Irlande et le Portugal, alors que la crise menace de s’étendre à l’Italie et à l’Espagne. Plus d’un investisseur redoute alors l’effondrement de toute l’union monétaire européenne. Ainsi, dès le premier jour, le nouveau Président de la BCE a fort à faire. Sous sa houlette, les deux hausses de taux décidées par son prédécesseur, et qui s’avèrent par la suite manifestement erronées, sont tout d’abord annulées. Puis, il lance un programme de crédit de trois ans pour les banques commerciales, totalisant plus de 1000 milliards d’euros. Fin juillet 2012, Mario Draghi prononce à Londres un discours mémorable qui marquera tout son mandat et est aujourd’hui considéré comme un tournant décisif dans la crise de la dette. Il déclare alors : " Dans le cadre de son mandat, la BCE est prête à faire tout ce qui sera nécessaire pour préserver l’euro. Et, croyez-moi, ce sera suffisant. " Ce discours atteste que la politique monétaire n’est pas une science exacte et que quelques mots prononcés par les représentants des banques centrales peuvent avoir de grands effets. C’est pourquoi Mario Draghi est qualifié par ses défenseurs, à juste titre, de sauveur de l’euro.

Normalisation manquée et conservation de l’objectif en matière d’inflation

A la mi-2013, la zone euro retrouve le chemin de la croissance et le taux de chômage commence à baisser.

Croissance et chômage dans la zone euro

Toutefois, la BCE continue à étendre sa politique monétaire expansionniste pour encourager l’inflation, à son avis trop faible, en direction du seuil des 2%. Elle annonce notamment un vaste programme de rachat de titres qui est ensuite étendu et prolongé à plusieurs reprises avant de prendre fin en décembre 2018. Au total, la banque centrale achète des titres, essentiellement des emprunts d’Etat, pour quelque 2600 milliards d’euros. Au vu de la dégradation de la conjoncture et de la faiblesse de l’inflation, Mario Draghi annonce un nouveau train de mesures en septembre 2019 – en dépit de vives résistances venant de ses propres rangs. Il abaisse le taux des dépôts pour les banques commerciales et réactive pour une durée indéterminée les rachats de titres. Draghi entre ainsi dans l’histoire comme le premier Président de la BCE qui, loin de relever les taux d’intérêt durant son mandat, n’aura fait que les baisser. Il mérite d’être critiqué pour avoir manqué le bon moment pour normaliser la politique monétaire. La BCE s’accroche avec un certain dogmatisme à son objectif en matière d’inflation, alors que des facteurs structurels tels que la mondialisation, les nouvelles technologies et la démographie continuent à comprimer celle-ci à l’échelle mondiale. Cela témoigne d’une foi intacte dans le fait que l’économie d’une union monétaire comptant 19 Etats membres puisse être pilotée avec précision. Or, les nombreuses mesures adoptées n’ont qu’un impact modeste sur la croissance et sur l’inflation. En effet, l’inflation sous-jacente dans la zone euro présente depuis des années présente une tendance à la stabilisation.

L’inflation sous-jacente reste faible malgré la politique monétaire expansionniste

Un remède amer aux effets secondaires puissants

Jamais les rendements des emprunts d’Etat ni les taux d’intérêt sur les crédits des entreprises et les hypothèques n’ont été aussi bas. Malgré tout, la politique monétaire ne parvient pas à générer de croissance durable. En outre, les taux faibles provoquent d’importants effets secondaires. Des bulles de prix pourraient notamment se former pour les titres financiers, entraînant un déséquilibre des revenus et de la fortune, un financement plus difficile de la prévoyance vieillesse, un risque accru d’erreurs d’investissements ou l’immobilisation de capitaux non productifs dans les entreprises. En cas de crise, une politique monétaire peu conventionnelle peut être nécessaire et utile, mais à terme, elle fait plus de mal que de bien. Le mandat de Mario Draghi présente donc un bilan provisoire mitigé.

" Je suis fier de travailler pour la Rega "

Rares sont les entreprises à symboliser autant la Suisse et à jouir d’une meilleure réputation que la Garde aérienne suisse de sauvetage Rega. Cette fondation privée d’utilité publique est donc un employeur fort apprécié. Roger Mohr travaille pour la Rega en tant qu’économiste d’entreprise ainsi que comme directeur de sa fondation de prévoyance en faveur du personnel et de son fonds de prévoyance. Nous avons discuté avec lui des particularités de la caisse de pension de la Rega et de sa stratégie de placement, mais aussi de la façon dont il occupe ses loisirs.

Monsieur Mohr, avez-vous déjà participé à une intervention aérienne ? A moins qu’en tant que directeur de la caisse de pension, vous préfériez garder les pieds sur terre ?

Quand je suis entré à la Rega il y a dix ans, j’ai eu la possibilité de passer 24 heures dans la base de la Rega à Bâle et de suivre trois interventions de près. La plus impressionnante a été celle sur le Titisee, où nous avons dû voler dans des conditions météorologiques difficiles. La collaboration entre les membres de l’équipe m’a tout particulièrement fasciné.

Quelles expériences avez-vous retirées de cette intervention pour votre travail de bureau ?

Cette expérience a renforcé mon identification à l’entreprise et m’a fait mieux comprendre les missions des équipes. Cela m’est très utile dans mon travail quotidien.

Sonja Spichtig en dialogue avec Roger Mohr. Ce dernier a dirigé les négociations sur les prix lors de l’achat des nouveaux jets-ambulances.

Dans quelle mesure votre caisse de pension se distingue-t-elle de celle d’une entreprise industrielle ?

Par exemple, par le fait que les membres de nos équipes partent tôt à la retraite : l’âge de la retraite est de 60 ans chez les pilotes. L’âge moyen de nos retraités est donc assez peu élevé : 68 ans. Les personnes qui travaillent chez nous à temps partiel sont totalement assurées. La qualité de la caisse de pension est un élément essentiel du paquet salarial, car il n’existe pas de rémunérations variables. Tout le monde a le même taux de cotisation d’épargne – toutes tranches d’âge confondues. Nous sommes une entreprise sociale et nous offrons des prestations sociales exemplaires.

Que signifie ce départ précoce à la retraite pour la structure de votre caisse de pension ?

Notre équilibre entre les catégories est tout à fait sain, avec 400 personnes en activité contre 105 retraités. J’en suis d’ailleurs ravi.

Comment en êtes-vous venu à travailler pour la Rega ?

La petite annonce avait été passée dans l’Alpha Stellenanzeiger et j’y ai spontanément répondu. Après mon Master en Finance & comptabilité, j’avais travaillé comme responsable du marketing et de la communication à la Caisse d’épargne de Schwyz, où j’étais chargé des projets spéciaux. J’avais notamment pu acquérir et intégrer une gestion de fortune indépendante. Ces expériences m’ont permis d’obtenir ce poste de directeur face à plus de 200 autres candidats.

Vous y êtes maintenant depuis dix ans. A quoi ressemble une de vos journées de travail typiques ?

Ma mission principale consiste à assurer le contrôle des investissements des divers portefeuilles ainsi qu’à élaborer et à contrôler les stratégies de placement en fonction de leur objectif de placement et de leurs engagements. Cela signifie que je contrôle les transactions boursières des placements, que je vérifie la liquidité et que j’analyse la situation de marché (décisions tactiques, rééquilibrage). Nous gérons les placements de manière active et sommes fortement impliqués dans la sélection des produits dans les secteurs de l’immobilier et des placements alternatifs. Pour cette raison, j’ai des échanges réguliers avec nos asset managers. J’aime également apporter des idées nouvelles au sein du comité de placement. Par ailleurs, une fois par semaine en moyenne, je participe à des formations de perfectionnement et à des manifestations d’information, ou bien je rends visite à des gestionnaires de fortune.

A la Rega, les analyses et les décisions font partie des tâches principales – au sein de la centrale d’intervention autant que sur le plan de la direction de la caisse de pension.

Qu’appréciez-vous particulièrement dans votre travail ?

L’ampleur de la palette de mes activités. Ainsi, j’ai aussi été impliqué dans l’achat des trois jets-ambulances de la Rega : j’ai mené des négociations sur les prix, établi des plans de paiement et organisé l’achat des monnaies étrangères. En outre, je dispense aux membres de notre personnel des conseils sur les questions financières et de prévoyance qui les concernent à titre personnel. Ils savent que je suis à leur disposition pour leur donner des conseils indépendants s’ils ont des questions sur une hypothèque ou sur leur retraite (partielle). Je tiens beaucoup à cet aspect social.

Alors, vous êtes tout à fait l’homme qu’il faut pour la fondation de prévoyance en faveur du personnel de la Rega. Dans quelle mesure est-ce important pour vous de travailler pour une entreprise qui fait du bien ?

C’est très important. Je suis fier de travailler pour la Rega. Et c’est un sentiment partagé par de nombreux collaborateurs. Les pilotes, les ambulanciers, les médecins et le personnel au sol apportent tous ensemble une précieuse contribution à la société. Mon métier consiste à assurer à toutes ces personnes une bonne prévoyance vieillesse.

Les Swisscanto Fondations de placement vous apportent leur soutien à ce sujet. Depuis combien de temps collaborez-vous ?

Ce partenariat existe depuis des décennies. Nous utilisons divers produits de Swisscanto.

Sur le plan de la technique des placements, qu’est-ce qui a changé ces dernières années dans la fondation de prévoyance en faveur du personnel de la Rega ?

Ces dernières années, nous avons sensiblement modifié la structure de nos placements et adapté à temps et en permanence notre stratégie de placement aux évolutions des taux d’intérêt. Nous avons notamment ramené à moins de 10% notre quote-part d’obligations en CHF et fait passer les placements alternatifs à 20%. Tous ces changements doivent concorder avec le concept d’ensemble et être harmonisés avec les attentes en matière de rendements. Le conseil de fondation y tient énormément.

Quelle est la composition du conseil de la fondation de prévoyance en faveur du personnel ?

Il a une composition paritaire de quatre personnes : deux représentants des salariés et deux de l’employeur. Les salariés sont représentés par un membre venant du personnel au sol et un membre venant du personnel volant. Les membres du conseil de fondation sont élus en alternance pour un mandat de quatre ans.

Roger Mohr, Directeur de la Fondation de prévoyance en faveur du personnel et du Fonds de bienfaisance de la Rega.

Quelle orientation la caisse de pension de la Rega va-t-elle prendre ces prochaines années ?

Le but est de réduire autant que possible la redistribution entre les actifs et les retraités. Cela n’a d’ailleurs pas encore été nécessaire en raison de notre bonne santé financière. A l’heure actuelle, nous examinons le passage des tableaux périodiques aux tableaux par générations afin d’adapter notre caisse à la longévité tout en conservant le taux d’intérêt technique à 2%. Nos plus grands défis tiennent à ce que les perspectives de rendements futurs auxquels il est possible de s’attendre n’ont jamais été aussi faibles et à ce que nous voulons conserver à long terme notre taux de couverture à son niveau actuel de 120%.

En conclusion, permettez-nous de vous poser une question privée : que faites-vous pour décompresser après une intense journée de travail ?

Je rencontre des amis et j’aime cuisiner pour eux et pour ma famille. Je veille à une alimentation saine et j’achète des produits bio régionaux. Par ailleurs, je me déplace souvent dans la nature, je fais du VTT, je pratique le jogging et, en hiver, je fais du ski de fond et du ski alpin.

Du ski ? N’est-ce pas trop dangereux après tout ce que vous apprenez ici ?

Je skie plus prudemment qu’autrefois. Mon travail à la Rega m’y a bel et bien sensibilisé. Surtout les week-ends d’hiver où les pistes sont pleines (à craquer), je préfère rester dans la vallée. Ou faire du ski de fond.

Sage décision. Merci beaucoup de nous avoir accordé ce passionnant entretien, Monsieur Mohr.