Étude 2019 sur les caisses de pension : voici comment consolider le 2e pilier

Comme les précédentes, la 19e édition de l’étude sur les caisses de pension en Suisse a suscité un large écho : le 7 juin, près de 40 personnes intéressées se sont retrouvées à l’hôtel Palace de Lausanne en réponse à l’invitation de Swisscanto Prévoyance SA pour bénéficier directement de la présentation des principaux constats tirés de l’étude 2019.

Les photos de la manifestation figurent ici.

Stephanino Isele, responsable Institutionals & Multinationals de la Zürcher Kantonalbank, accueille les invités.

L’hôte Stephanino Isele, responsable Institutionals & Multinationals de la Zürcher Kantonalbank, a remercié les personnes présentes ainsi que les participants à l’étude pour leur fidèle collaboration ces dernières années. " Sans votre concours, il ne serait pas possible de publier une telle série d’études. " La dernière étude CP en date présente un tableau réaliste, " et même d’un réalisme brutal ", a relevé François Egger, journaliste de la RTS qui animait la manifestation. Ce point de vue a été confirmé par Laurent Monod, conseiller clientèle institutionnelle de la Zürcher Kantonalbank : " Ne pas réussir à résoudre le problème de la baisse des rentes LPP, c’est affaiblir à long terme le pacte entre les générations. " A une époque où il est difficile de dégager des majorités politiques pour les réformes nécessaires, les caisses de pension devraient prendre les choses en mains elles-mêmes.

Laurent Monod, Conseiller clientèle institutionnelle Zürcher Kantonalbank.

L’étude montre clairement que c’est ce qu’on fait les caisses de pension en 2018 : " Elles ne s’en tiennent pas aux règles du mikado LPP auquel joue la politique ", a constaté avec plaisir Filipe Oliveira, responsable de la gestion des caisses de pensions, Swisscanto Prévoyance SA. " De toute évidence, elles sont taraudées par une grande question : que faire pour compenser la réduction des prestations de 15,2% ? " L’étude formule cinq mesures qui, prises séparément, pourraient y contribuer. Deux d’entre elles, l’abaissement de l’âge d’entrée et l’augmentation des cotisations d’épargne, ont déjà été entreprises par de nombreuses caisses. L’analyse sectorielle réalisée pour la première fois cette année révèle toutefois, selon M. Oliveira, que les différences entre les secteurs restent considérables.

Filipe Oliveira, Responsable de la gestion des caisses de pensions, Swisscanto Prévoyance SA, évoque les mesures permettant de compenser la réduction des prestations.

Steve Michel, responsable Business Development Asset Management, Zürcher Kantonalbank, a présenté les résultats de l’étude sous l’angle technique des placements. Il a relevé qu’en 2018, les grandes caisses se sont débarrassées de leurs obligations et ont encore réduit leurs placements indiciels au profit des placements alternatifs, mais que les caisses dans leur ensemble agissent encore trop peu. M. Michel a souligné : " Bien que les milieux politiques n’en disent pratiquement pas un mot, il faut encore davantage parler du célèbre tiers cotisant. " Il a rappelé une étude de l’Association suisse des banquiers, selon laquelle, de 2005 à 2014, le tiers cotisant a réalisé près de 40% du total des revenus des caisses de pension. En conséquence, la conclusion à tirer en matière de stratégie de placement est la suivante : " Il est judicieux de bien réfléchir à sa propre capacité à prendre des risques et de mieux utiliser les marges de manœuvre existantes. "

Steve Michel, responsable Business Development Asset Management, Zürcher Kantonalbank, a présenté les résultats de l’étude sous l’angle technique des placements.

Vers les résultats de l’étude et les divers constats

Évaluation des résultats actuariels par Reto Siegrist, Directeur de Swisscanto Prévoyance SA et évaluation des résultats techniques par Iwan Deplazes, responsable Asset Management, Swisscanto Invest by Zürcher Kantonalbank.

Dans la table ronde qui a suivi, les résultats et les défis de l’étude ont suscité un débat passionné et parfois controversé. M. Egger, le journaliste de la RTS, a fait particulièrement plaisir aux participants en diffusant une séquence vidéo de 1985, année où le 2e pilier est devenu obligatoire. Cette vidéo montre que la prévoyance professionnelle était initialement conçue comme un instrument d’épargne appelé à être constamment adapté, et non pas comme une rente fixe garantie. Les invités sur le podium sont d’ailleurs tombés d’accord sur la nécessité de nouvelles adaptations. " Nous voulons tous vivre vieux – nos économies doivent donc durer plus longtemps ", a résumé Pierre Triponez, Président de la Commission de haute surveillance de la prévoyance professionnelle CHS PP. Jérôme Cosandey, Directeur romand d’Avenir Suisse, a plaidé en faveur de plus de flexibilité : " One size fits all’ est peut-être vrai pour l’AVS, mais pas pour le 2e pilier. Un salaire constant de 4000 francs de 18 à 65 ans, cela n’existe plus. "

François Egger, Jérôme Cosandey, Philippe Nantermod, Michèle Mottu-Stella, Dominique Favre, Pierre Triponez (de gauche à droite) lors de la table ronde.

Philippe Nantermod, Conseiller national et Vice-président du PLR, a proposé des plans d’épargne individuels : " Les jeunes doivent pouvoir choisir leurs propres objectifs – par exemple pour l’épargne-logement. " Michèle Mottu-Stella, experte agréée en prévoyance professionnelle, partner chez Prévanto SA, a insisté pour que " les systèmes de prévoyance soient aménagés de manière à offrir les mêmes possibilités aux générations futures. " Dominique Favre, Directeur de l’Autorité de surveillance LPP et des fondations de Suisse occidentale, en a convenu : " Il ne faut pas saper la solidarité inhérente au système. " " La table ronde a été extrêmement diversifiée et même encore plus animée que celle de Zurich ", a conclu M. Isele, avant d’ajouter, à l’amusement général du public : " De nombreuses idées innovantes ont été émises à Lausanne. " Les caisses de pension ont les moyens de mettre en œuvre ces idées – sans attendre les évolutions politiques.

Vers le communiqué de presse

Vers les résultats de l’étude et les constats individuels

Vers les photos de la présentation des résultats de l’étude CP à Lausanne

Vers les photos de la présentation des résultats de l’étude CP à Zurich

" J’aime travailler en terrain vierge "

Avant de changer de camp il y a à peine six ans pour assumer la direction de la caisse de pension de Schaffhouse, Oliver Diethelm travaillait comme expert-comptable dans le domaine de la prévoyance et des assurances. Dans l’entretien qu’il nous a accordé, il explique comment il utilise le regard analytique qu’il a conservé et pourquoi on le rencontre pendant ses loisirs soit sur le terrain de foot, soit à l’auberge.

Monsieur Diethelm, existe-t-il une différence entre une caisse de pension de droit public et la caisse de pension d’une entreprise privée ?

Avant de venir travailler pour la caisse de pension de Schaffhouse, je pensais que ce poste serait plus politique. Or, ce n’est pas du tout le cas. Sur le plan de l’organisation, rien ne nous distingue en réalité des caisses de pension de droit privé. Une particularité tient peut-être au fait que les représentants des employeurs sont élus par le Conseil d’Etat et ceux des salariés par les délégués. Mais cela n’a aucune influence sur notre travail quotidien.

Vos assurés sont les employés des communes du canton de Schaffhouse. C’est bien cela ?

Notre caisse de pension regroupe 63 employeurs affiliés. Parmi eux figurent le canton lui-même, la ville, des communes, des écoles et des hôpitaux ainsi que la centrale électrique, mais également la banque cantonale et diverses fondations. La règle veut que pour pouvoir adhérer à notre caisse, les entreprises doivent avoir une relation relevant du droit public, donc fournir une prestation publique, être d’utilité publique ou appartenir au canton. Nous sommes donc une " fondation commune ", à ne pas confondre avec une fondation collective.

La caisse de pension de Schaffhouse fait partie des grandes caisses suisses. Cela rend-il votre travail plus complexe ?

Non. Sur le plan de l’organisation, nous sommes plutôt une PME. Et qui plus est, avec une structure svelte : seulement neuf employés. Même si, bien sûr, nous brassons des sommes importantes. Notre bilan dépasse les 2,9 milliards de francs.

L’entretien qu’il a mené avec Sonja Spichtig porte autant sur le paysage de la prévoyance en Suisse que sur le football.

Vous êtes le directeur de cette " PME ". Comment en êtes-vous arrivé là ?

Par mon épouse ! C’est elle qui a vu l’annonce par hasard et m’a demandé : est-ce que ce ne serait pas quelque chose pour toi ? (rires) Jusqu’alors, j’avais également voyagé dans le domaine de la prévoyance en tant qu’expert-comptable chez KPMG et Ernst & Young. Et quand je dis voyager, je veux dire à droite et à gauche. Le moment était venu pour moi de changer de camp et de passer à un emploi m’offrant davantage d’autonomie, mais aussi plus proche de ma famille.

A quoi ressemble pour vous une journée de travail ordinaire ?

Le plus souvent, je suis au bureau entre sept heures et sept heures et demie. Je regarde alors mes e-mails et les rendez-vous qui m’attendent. Mes attributions de directeur sont naturellement très vastes. Ainsi, je m’occupe autant de placements que d’administration des assurances, de questions de personnel et de sujets tournant autour de l’informatique ou de l’établissement de notre rapport d’activités. Celui-ci constitue un élément central de notre communication vers l’extérieur à laquelle je tiens beaucoup.

On voit d’ailleurs que le site web de la caisse de pension de Schaffhouse a une présentation très fraîche et moderne !

Avant que je n’entre en fonctions, son organisation se présentait tout à fait différemment. Avec la révision partielle de la loi fédérale sur la prévoyance professionnelle vieillesse, survivants et invalidité en 2014, les caisses de droit public ont été mises sur un pied d’égalité avec celles de droit privé. En devenant autonome, la PKSH a créé un poste de directeur. A mon entrée en fonctions, j’ai donc trouvé un terrain vierge, ce qui m’a beaucoup attiré. J’ai pu faire bouger les choses, depuis la manière de se présenter jusqu’à l’informatique en passant par le service.

Depuis son entrée à la caisse de prévoyance de Schaffhouse, Oliver Diethelm a déjà beaucoup fait bouger les choses, mais c’est loin d’être fini.

Cela n’est guère étonnant, puisque précédemment en tant qu’expert-comptable, vous aviez conseillé les entreprises pendant des années.

C’est exact. Là aussi, mon approche analytique m’a aidé. J’ai commencé par recruter une collaboratrice chargée des finances. Ensuite, je me suis penché sur notre présentation qui a été révisée et modernisée, depuis le site web jusqu’aux diverses fiches techniques en passant par le rapport d’activités. En parallèle, nous avons aussi numérisé nos archives. Et depuis peu, nos assurés peuvent à nouveau s’adresser directement à nous pour prendre une hypothèque.

Vous avez effectivement réalisé beaucoup de choses. Est-ce que vous ne commencez pas à vous ennuyer ?

Pas du tout. Il reste encore beaucoup à faire, notamment dans l’informatique. Nous voulons très prochainement proposer à nos assurés des solutions de simulation en ligne. Nos assurés doivent pouvoir accéder à leurs données depuis l’extérieur et simuler par exemple un changement de plan, un départ à la retraite anticipée ou un rachat. Nous travaillons également à une connexion avec les employeurs. En outre, les mutations pourront bientôt être annoncées en ligne.

Chez vous aussi, la transformation numérique entraîne donc des changements. Mais vos relations d’affaires avec Swisscanto Fondations de placement remontent à loin.

Oui, notre collaboration est le fruit d’une évolution au fil du temps qui a fait ses preuves. Nous sommes très satisfaits des produits Swisscanto – ainsi que de la prise en charge.

Agir au lieu de politiser. Voilà le souhait d’Oliver Diethelm pour l’avenir de la prévoyance.

Et quels sont les défis que vous vous lancez pour vos loisirs ?

On me rencontre souvent sur le terrain de foot.

Vous jouez activement ?

Oui, chez les seniors. En outre, ma femme et moi faisons partie du comité du FC Ellikon / Marthalen où je m’occupe des finances, de la recherche des entraîneurs ou de la programmation des matches. Deux fois par semaine, j’entraîne les juniors E. Et nos deux fils adorent également jouer au foot.

Vous êtes donc une famille de footballeurs !

Et d’aubergistes ! J’investis une autre partie de mon temps libre dans la vie de notre village. Il y a quelque temps, avec d’autres coopérateurs, j’ai acheté et transformé une propriété historique, mais en friche, à Marthalen. Depuis le mois de mars, le restaurant Stube a rouvert ses portes. Cela me fait un immense plaisir, et nous y avons déjà passé de nombreuses heures chaleureuses en famille et avec les amis.

Quel bel engagement pour la collectivité ! Est-ce que ce programme vous laisse encore du temps pour vous reposer ? Pour lire, ou pour voyager ?

Nous prenons toujours du temps pour voyager en famille. Prochainement, nous prévoyons une semaine en Suisse romande. Et en juillet, nous irons à New York et en Floride. Peut-être y trouverai-je un peu le temps de lire. En tout cas, j’emporterai non pas un roman, mais quelques numéros de Prévoyance professionnelle suisse (rires).

Ce qui nous ramène à la partie technique de notre interview. Où voyez-vous les défis de la prévoyance en Suisse ?

J’aimerais que ce domaine cesse d’être marqué par l’idéologie et que tout ce sujet soit dépolitisé. Après tout, les paramètres sont connus. Il s’agit désormais d’agir en fonction de ceux-ci. Notamment de ramener le taux de conversion à un niveau réaliste. Il est urgent de s’entendre sur des réformes et de les mettre en œuvre. Je trouve dommage que l’approche solidaire de la prévoyance vieillesse passe de plus en plus au second plan, au profit de l’individualisation.

Voilà un sujet dont nous pourrions encore discuter pendant des heures. Mais il est temps de vous remercier de nous avoir consacré du temps pour cet intéressant entretien.

Risques climatiques dans les caisses de pension suisses ?

Le réchauffement climatique bouleverse le fonctionnement de notre planète. Rares sont ceux qui doutent encore que l’être humain en soit responsable. Désormais, il est clair que nos émissions de CO2 déstabilisent le système climatique, entraînant des risques et des dangers croissants. Si nous ne réduisons pas immédiatement notre émission de gaz à effet de serre venant de combustibles fossiles et n’y mettons pas un terme d’ici le milieu du siècle, les " points de bascule " (tipping points) se rapprocheront. L’un d’eux est par exemple la fonte de grandes zones de pergélisol en Sibérie, qui libérerait dans l’atmosphère des quantités énormes de méthane, gaz à effet de serre, ce qui accélérerait à son tour le réchauffement de la planète et le rendrait quasiment irréversible.

Les investisseurs financiers ont de l’expérience en matière de destruction brutale de systèmes. Le basculement d’un élément peut déclencher des réactions en chaîne fatales sur les marchés financiers mondiaux. Un exemple dont les conséquences se font encore sentir aujourd’hui est la crise immobilière américaine qui a provoqué la chute de la banque Lehman. Il est dans notre propre intérêt de ne pas déstabiliser durablement le système financier et le système climatique. La stabilité du système financier est du ressort des banques centrales, des ministres des Finances, du Fonds monétaire international et des investisseurs. Pour stabiliser le système climatique, il faut réorganiser l’économie. Dans ce contexte, la politique internationale et les investisseurs jouent, là aussi, un rôle décisif.

Objectif de deux degrés Celsius décidé à Paris et flux financiers compatibles avec le climat

Le GIEC (Groupe d’experts sur le climat) a établi sans ambiguïté que sans mesures supplémentaires visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre, le réchauffement mondial dépassera les 4° Celsius d’ici 2100 par rapport au niveau pré-industriel. Cela entraîne divers risques, tels que l’extinction d’un nombre considérable d’espèces ou la mise en danger de la production alimentaire entraînant des flux migratoires. L’économie est menacée, car des sites de production et des chaînes de création de valeur entières sont compromis. Toutefois, l’ampleur exacte de ces répercussions reste encore floue.

Pour freiner autant que possible la hausse des températures, la communauté internationale a adopté à Paris en 2015 l’objectif consistant à limiter le réchauffement global à 2 degrés Celsius, tout en stipulant que les flux financiers devaient être orientés de manière compatible avec le climat. En conséquence, l’Union européenne a publié le 8 mars 2018 le plan d’action de l’UE " Financement d’une croissance durable ", qui comprend dix mesures concrètes et poursuit trois buts : 1) dévier les flux de capitaux vers les investissements durables ; 2) surmonter les risques financiers découlant des changements climatiques, de la destruction de l’environnement et des problèmes sociaux ; 3) encourager la transparence et l’approche à long terme dans l’activité financière et économique.

La Task Force on Climate-Related Financial Disclosures (TCFD), créée par le Conseil de stabilité financière, réclame concrètement (jusqu’ici à titre volontaire) plus de transparence dans les comptes rendus climatiques des entreprises. Celles-ci sont invitées à analyser et à évaluer les opportunités et les risques découlant des changements climatiques.

Marchés financiers et bouleversements climatiques

Les marchés financiers traitent les informations et évaluent les opportunités et les risques. Leurs acteurs ont donc aussi pour mission de tenir compte des risques et des opportunités liés aux changements climatiques.

Parmi les risques physiques figurent les influences directes sur la chaîne de création de valeur, par ex. les dommages subis par les installations de production suite à des événements météorologiques extrêmes. Parmi les risques de transition figurent ceux qui découlent du passage à une économie à faible consommation de carbone et à une réévaluation des actifs et des entreprises. De telles réévaluations sont notamment déclenchées par des mesures politiques telles qu’une taxe sur le CO2 ou la promotion de technologies à faible émission de CO2. On qualifie de " stranded assets " les placements qui n’ont pas subi une dépréciation attendue par le marché financier en raison de changements touchant la réglementation, l’environnement physique ou les nouvelles technologies. Un exemple serait une centrale à charbon qui n’aurait plus le droit d’être exploitée pour des raisons de protection du climat.

Les caisses de pension suisses soutiennent actuellement un réchauffement de 4 à 6 degrés Celsius

Pour atteindre l’objectif climatique de 2° Celsius de Paris, les émissions de CO2 doivent être divisées par deux tous les dix ans, soit une baisse de l’ordre de 7% par an (Rockström et al., Science 2017 ; voir graphique 1). Cela permettrait d’échapper aux pires conséquences des changements climatiques. Dans ce but, il est notamment indispensable de stopper les subventions aux combustibles fossiles doivent être stoppées, de fixer un prix à l’émission de CO2, de réduire l’émission de carbone dans l’approvisionnement en électricité et le secteur des transports (c’est-à-dire de faire en sorte qu’ils se passent de sources d’énergie fossiles) et de renforcer considérablement les énergies renouvelables.

Nos décisions d’investissement actuelles contribuent à déterminer la quantité de gaz à effet de serre qui sera émise à l’avenir, et jouent donc un rôle central dans la transformation en une économie compatible avec le climat. Mais en 2017, une analyse de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) a montré que le comportement actuel d’investissement des caisses de pension suisses et des assurances entraînait un réchauffement mondial de 4 à 6 degrés Celsius et était donc contraire à l’accord de Paris sur le climat signé par la Suisse.

Neutralité climatique d’ici 2050

Une protection approfondie du climat, lorsqu’elle verra le jour, peut transformer en perdantes les entreprises qui sont tributaires de technologies à forte intensité de CO2. En revanche, les gagnantes seront les entreprises dont les produits et services contribuent à réduire les émissions de CO2. Les participants au marché tiennent encore trop peu compte des opportunités ou des risques pour les entreprises découlant par exemple de prix de CO2 plus élevés. Le marché financier court le risque d’instabilités en cas d’introduction de hausses prononcées et abruptes du prix du CO2.

L’empreinte carbone ne va pas assez loin

En tant que signataire de l’engagement carbone de Montréal de l’ONU, Swisscanto Invest by Zürcher Kantonalbank promet pour ses fonds durables une empreinte carbone par rapport au benchmark. Mais celle-ci indique seulement si les entreprises figurant dans le portefeuille émettent moins ou plus de CO2 que celles du benchmark, sur le plan de la fabrication de leurs produits (émissions de catégorie 1) ou de l’achat d’électricité et de chaleur (émissions de catégorie 2). L’empreinte carbone d’un fonds – telle qu’elle est le plus souvent calculée aujourd’hui – est donc un paramètre qui définit si les entreprises du fonds ont plus ou moins de coûts supplémentaires que celles du benchmark lorsque les prix du CO2 augmentent. C’est donc un indicateur du risque relatif, mais qui ne renseigne pas, par exemple, sur la capacité des entreprises du fonds à répercuter sur leurs clients les hausses potentielles des coûts du CO2 ni sur leur possibilité de substituer les produits à forte intensité de CO2. Or, ces points sont décisifs pour pouvoir estimer l’influence du prix du CO2 ou d’autres mesures de protection du climat sur l’évolution future des bénéfices. Dans ce contexte, une attention particulière doit être portée aux secteurs à forte intensité de CO2 tels que l’énergie, les transports, les biens manufacturés, la technologie de l’information, l’immobilier et l’agriculture.

Swisscanto FP Avant Responsible Invest : la prise en compte des risques climatiques est source d’alpha

Dans le cadre de l’intégration ESG – E = environnement, S = social, G = gouvernance – dans le processus fondamental de placements, l’importance des émissions de CO2 est analysée par rapport à la création de valeur dans les entreprises. L’empreinte carbone de Swisscanto FP Avant Responsible Invest est de près de 30% inférieure à celle de l’indice de comparaison. Cela s’explique par le fait que dans chaque secteur, la préférence est donnée à des entreprises ayant des émissions de CO2 relativement faibles. En outre, en raison de leurs fortes barrières à l’entrée, la majorité des entreprises du fonds sont en mesure de répercuter des prix du CO2 plus élevés sur leurs clients. Sur les trois dernières années, l’indice de comparaison a pu être battu. Des entreprises compatibles avec le climat telles que la société de chemins de fer Canadien National, l’exploitant de parcs d’éoliennes Orsted ou l’entreprise Ecolab, qui aide à économiser des ressources, ont contribué de façon positive à la performance du Swisscanto FP Avant Responsible Invest.

Performance Swisscanto FP Avant Responsible Invest

Performance et volatilité de Swisscanto FP Avant Responsible Invest

 

Dr Gerhard Wagner, gestionnaire de portefeuille, Swisscanto Invest by Zürcher Kantonalbank

Nouvelle normalité grâce aux glissements structurels

La normalisation des taux déjà à bout de souffle

Cela fait trois décennies que les taux d’intérêt mondiaux sont à la baisse, et leur reprise cyclique observée depuis deux ans est déjà à bout de souffle. Ce cycle de hausse des taux n’était soutenu que par les Etats-Unis, mais la banque centrale américaine vient de signaler une pause prolongée en raison du refroidissement de la conjoncture. Les autres grandes banques centrales, qui n’ont même pas pu entamer une telle normalisation, s’en tiennent à leurs taux extrêmement bas, voire négatifs. Les perspectives actuelles ne sont guère à l’accélération substantielle de la croissance ni à des impulsions inflationnistes, de sorte que les banques centrales ne sont pas tenues d’agir. Tout donne à penser que la tendance des trente dernières années va se poursuivre ; cela ne tient pas seulement à la politique monétaire des banques centrales, mais aussi au niveau structurellement faible des paramètres qui déterminent le niveau des taux.

Le centre de gravité des taux se trouve à un niveau moins élevé

Dans une économie publique, le comportement en matière d’épargne et d’investissements est équilibré et la stabilité des prix règne lorsque le taux d’intérêt du marché correspond au taux d’intérêt naturel. Celui-ci ne peut pas s’observer, mais peut se calculer à l’aide de la croissance potentielle qui décrit une exploitation optimale des entrants économiques. Parmi ces facteurs figurent le travail et le capital ainsi que l’efficacité des facteurs utilisés, soit la productivité. Il existe donc un lien entre l’évolution de ces entrants et le taux d’intérêt naturel. Il s’avère que la tendance à la baisse du niveau des taux va de pair avec le recul de la croissance potentielle, centre de gravité de l’économie.

Des forces séculaires compriment le niveau


La population active diminue pour des raisons démographiques et l’accumulation de capital physique est cyclique, si bien que le taux d’intérêt naturel ne peut être atteint que par une hausse de la productivité. Il existe des efforts dans ce sens, mais leur effet sur les taux est neutralisé par des glissements structurels.

Epargne et investissements sous le tir croisé des tensions démographiques

L’équilibre entre épargne et investissements est un aspect important de la croissance de la productivité. En raison du vieillissement de la société, la priorité s’est cependant déplacée en faveur de la mise à profit de l’épargne. La propension à l’épargne augmente, mais plutôt pour la prévoyance vieillesse.

Taux d’épargne des ménages par rapport au PIB

Dans les pays où la prévoyance vieillesse est soutenue par l’Etat, l’obligation d’épargner est moindre pour les particuliers, mais les budgets publics sont davantage sollicités. En raison de l’absence d’inflation et de la faible croissance potentielle, les rendements obtenus sur les obligations publiques sont faibles. La population active n’a pas d’autre solution que d’épargner encore plus ou de payer davantage d’impôts. Dans les pays industrialisés, cette évolution, appelée à durer encore ces dix prochaines années, place les banques centrales devant un dilemme. La politique des taux zéro freine-t-elle en fin de compte la croissance de la productivité en raison de la plus grande propension à épargner ? Cette question est controversée, car cette propension n’est pas seulement fonction du niveau des taux d’intérêt, et les préférences en matière d’investissements ont elles aussi changé. Désormais, et aussi parce que l’inflation reste faible, les forces du changement démographique ainsi que les phénomènes qui les accompagnent créent une nouvelle normalité avec un taux d’intérêt faible.

 

Manuel Ferreira, économiste en chef et stratège en chef de la Zürcher Kantonalbank

Le ralentissement de la croissance remet en cause la normalisation des taux

Le 14 mars 2019, la Zürcher Kantonalbank, en collaboration avec Swisscanto Fondations de placement et Prevanto, a une nouvelle fois organisé un Lunch Meeting de printemps à l’hôtel Beau-Rivage Palace de Lausanne. Pendant que les invités dégustaient un repas raffiné, les experts leur livraient de passionnantes informations sur l’évolution récente de la branche. Après une présentation globale des marchés mondiaux et de leur influence sur l’évolution des taux, des réflexions ont été faites sur les possibilités d’aménagement du taux de conversion qui se présentent encore aux institutions de prévoyance, notamment face au hiatus croissant entre la réalité et la législation.

Vous trouverez ici les photos de la manifestation.

Dans le tableau d’ensemble qu’il a brossé de l’évolution des marchés, Manuel Ferreira, économiste en chef et stratège en chef de la Zürcher Kantonalbank, a mis l’accent, d’une part sur les mutations structurelles qui continuent à comprimer le niveau des taux, et d’autre part sur les sujets qui gardent actuellement en haleine l’Europe et le reste du monde : le Brexit et le conflit commercial entre la Chine et les Etats-Unis.

Manuel Ferreira donne le coup d’envoi du Lunch Meeting avec un tour d’horizon de la situation géopolitique.

Le vote de la veille à la Chambre des communes britannique montre, selon M. Ferreira, à quel point la situation en Grande-Bretagne échappe à tout contrôle. Si la situation politique mondiale a entraîné un net ralentissement de la croissance en 2018, on voit bien que c’est le conflit commercial qui absorbe toujours l’énergie des autres acteurs au début de 2019. A l’heure actuelle, les analystes se demandent avec inquiétude : " Quelle cible Trump poursuivra-t-il quand il en aura terminé avec la Chine ? " La cible, en réalité, est claire : c’est l’Europe, car l’administration Trump a clairement en ligne de mire l’industrie automobile et donc l’Allemagne. Dans le secteur agricole, qui frapperait plus fortement la France, l’utilité et les fruits d’une attaque de la part de l’administration Trump sont moins avantageux. " Les perspectives ne sont pas bonnes pour l’Europe au moment où celle-ci s’occupe beaucoup d’elle-même. S’agissant du conflit commercial mondial, elle n’est pas assise à la table des négociations et en raison du Brexit, elle reporte des réformes et des adaptations pourtant urgentes. " La croissance réaliste prévue pour l’Europe est de l’ordre de 1%, donc plus faible qu’espéré, bien que toujours positive. Il faut s’attendre à ce que les banques centrales de la zone Euro ainsi que la Banque nationale suisse conservent leur politique monétaire expansionniste. Aux Etats-Unis, M. Ferreira escompte des taux directeurs situés entre 2,5 et 2,75% d’ici la fin de l’année. " Globalement, conclut-il, la situation mondiale ne permet guère d’espérer une normalisation des taux, ce qui va encore exiger beaucoup d’endurance de la part des investisseurs. "

Michèle Mottu Stella échange avec les participants sur les taux de conversion et d’autres défis.

Dans la seconde partie de la manifestation, Michèle Mottu Stella, experte en prévoyance et partenaire chez Prevanto, a abordé la manière de gérer le fossé qui se creuse de plus en plus entre la réalité et la législation dans le domaine des taux de conversion. Bien que ce défi soit loin d’être le seul posé à la branche, a-t-elle ajouté, il apparaît à cet égard qu’il devient de plus en plus urgent de trouver des solutions. Le point qui s’avère toujours plus problématique, c’est l’absence de taux de conversion unique valable pour toutes les fondations, puisque les taux varient considérablement entre 4,2 et 7,7%, " de très prudent à excessivement généreux, " a commenté Mme Mottu Stella. L’individualisation des modèles présente ses propres risques, et leur gestion pour les institutions de prévoyance devient de plus en plus un acte d’équilibrisme entre aspects économiques et considérations sociales. " Si l’on veut garantir une rente sans abaisser le taux de conversion, il faut que les taux soient relevés ; or, un tel relèvement n’est précisément pas en vue, " a résumé Mme Mottu Stella. Lors du débat très animé qui a suivi, les participants se sont accordés sur un point : la réforme du deuxième pilier ne s’est que trop fait attendre et il faudrait que les milieux politiques s’y attellent rapidement, au plus tard après les élections de cet automne.

Les présentations peuvent être obtenues à l’adresse anlagestiftung@swisscanto.ch.

Les photos du Lunch Meeting de Lausanne figurent ici.
Les photos du Breakfast Meeting de Berne figurent ici.

" Je suis le gardien du Graal ! "

Pour Marcel Rumo, Directeur de la Fondation de prévoyance Epargne 3 et de la Fondation de libre-passage de la Zürcher Kantonalbank, la prévoyance est un sujet majeur. C’est pourquoi il tient à y intéresser les jeunes Suisses et à encourager des modifications politiques. Par ailleurs, nous parlons avec lui de motifs de versement créatifs, de vin argovien et de la bonne manière de prononcer son nom de famille.

Monsieur Rumo, est-ce que les Suisses sont de bons prévoyants ?

La Suisse possède aujourd’hui l’un des meilleurs systèmes de prévoyance au monde. Mais si l’on regarde le taux d’épargne des Suisses, on constate qu’il tourne en moyenne autour de 10%. Il existe donc une belle marge de développement potentiel.

A quoi cela tient-il ?

Il y a plusieurs explications à cela. L’une d’elles est certainement que les personnes en activité ont tendance à ne commencer à cotiser au 3e pilier que lorsqu’elles gagnent bien leur vie et qu’elles ont déjà satisfait leurs premiers souhaits personnels, ce qui ne commence généralement à être le cas que vers 35 ans. Or, il s’avère difficile de combler la lacune découlant des premières années de vie active si l’on travaille à temps partiel ou que l’on consacre du temps à sa famille.

Avec les deux fondations que vous dirigez, vous êtes également représenté à l’Association prévoyance suisse. Quels sont vos objectifs ?

L’association donne une voix propre aux fondations du pilier 3a et de libre-passage qui regroupent entre temps plus de 130 milliards de francs de capitaux. Un de nos objectifs est de susciter auprès des représentants des autorités et des milieux politiques de la compréhension pour les possibilités de versements complémentaires, permettant aux travailleurs d’améliorer leur situation de prévoyance après coup. L’association entretient également des échanges professionnels avec d’autres associations de prévoyance, avec les milieux économiques et avec les médias.

Marcel Rumo s’entretient avec Sonja Spichtig.

Comment vos fondations et vous-même collaborez-vous avec Swisscanto Fondations de placement ?

Swisscanto Fondation de placement est pour nous un partenaire important pour les produits de placement. Les nombreuses années de succès avéré des divers groupes de placement sont une source de confiance et constituent au fond la base d’une évolution patrimoniale positive pour notre clientèle, surtout dans le contexte actuel de taux très bas. Justement dans la prévoyance, il ne faut pas sous-estimer le tiers cotisant, c’est-à-dire le marché financier. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle à chaque occasion, nous soulignons qu’il convient non seulement de renforcer la prévoyance sur le plan privé, mais aussi d’investir dans des titres la fortune liée jusqu’au moment du départ à la retraite.

Avec vos fondations, vous êtes proche des clients. Que leur proposent-elles précisément ?

Avec la Fondation de prévoyance Epargne 3, les personnes de plus de 18 ans qui exercent une activité lucrative peuvent épargner en bénéficiant d’avantages fiscaux. La Fondation de libre-passage quant à elle est une caisse supplétive pour les personnes qui quittent la vie active pendant un certain temps. Je travaille pour ces deux fondations depuis dix ans. J’en ai été membre du conseil de fondation pendant les six premières années; depuis 2015, j’en suis le Directeur.

Quelles sont vos tâches ?

Je suis le gardien du Graal ! (Il rit.) Non, sérieusement, ma tâche principale consiste à gérer ces deux fondations. Cela peut paraître un peu ennuyeux, mais c’est extrêmement diversifié. Ainsi, je ne m’occupe pas seulement des règles professionnelles et du reporting, mais j’entretiens aussi des contacts avec divers groupes d’interlocuteurs, je travaille tant sur le plan stratégique que sur le plan opérationnel et je dirige deux équipes.

A quoi ressemble donc pour vous une journée de travail typique ?

Il n’existe pas de journée de travail typique. Heureusement, d’ailleurs. Sans suivre aucun plan prédéterminé, j’organise chaque journée à mon gré. Mais mes premiers pas me mènent presque toujours auprès de mes collaboratrices et de mes collaborateurs. Nous formons une bonne équipe et j’ai du plaisir à poursuivre un objectif commun avec des gens motivés. Il y a souvent tel ou tel cas particulier à aborder. Ensuite, je discute avec la distribution. Il arrive parfois aussi que l’on me passe directement au téléphone un chargé de clientèle au guichet si toutes les autres lignes sont occupées. Je réponds alors très volontiers à ses questions. Je conserve donc encore un lien avec le client. Et je trouve cela très enrichissant.

Est-ce que c’est cette variété qui rend votre métier aussi passionnant ?

Tout à fait. Les cas particuliers aussi me fascinent. Ainsi, il nous arrive souvent de devoir prendre des décisions au cas par cas pour savoir si un entrepreneur peut retirer de l’argent de sa fortune de libre-passage afin d’effectuer un investissement opérationnel. Depuis que le Tribunal fédéral a approuvé comme motif de versement un silo de fourrage pour un paysan, il existe une zone grise. Depuis lors, certains clients croient pouvoir retirer rapidement et simplement de l’argent venant de leur prévoyance pour faire des investissements.

A quels " motifs de versement " avez-vous déjà été confronté ?

Pour des raisons de confidentialité, je ne peux pas répondre concrètement à cette question. Mais je peux vous dire que l’imagination n’a pas de limites et prend toutes les couleurs, comme un bouquet de fleurs de printemps. En fin de compte, l’investissement doit relever sur le plan comptable des immobilisations. Si tel est le cas, nous disons généralement " banco ".

L’art de la prévoyance consiste à intéresser les jeunes à ces questions.

Comment êtes-vous arrivé à la Zürcher Kantonalbank ?

Comme un cheveu sur la soupe. (Il rit.) Je viens de la région de Baden, où le plus gros employeur était ABB. Tous ceux qui y travaillaient en étaient fiers. Il était donc logique que je suive une formation d’électromécanicien. À l’époque, j’ai même serré de mes propres mains des vis sur la locomotive de Rail 2000. Ensuite, il était prévu que je fasse un bachelor en ingénierie. Mais j’ai opté plutôt pour l’économie que j’ai étudiée à l’époque à l’ESCEA. J’ai alors écrit mon mémoire au sein de la Zürcher Kantonalbank.

Et vous y êtes toujours !

Exactement. J’aime le genre de travail de projet de la Zürcher Kantonalbank. A l’époque, j’ai commencé au service comptable et j’ai contribué à remplacer un système des années 1970 pour passer à une plateforme informatique moderne de gestion des comptes clients. J’ai participé à ce projet pendant dix ans. En 2007, j’ai repris dans ce contexte les rênes d’un secteur opérationnel.

Cela fait quatre ans que vous êtes Directeur de la Fondation de prévoyance Epargne 3 et de la Fondation de libre-passage de la Zürcher Kantonalbank. Que voulez-vous réaliser dans les quatre années qui viennent ?

Je veux faire de la prévoyance un sujet majeur. Car en fin de compte, tout est prévoyance. En outre, je veux inciter les jeunes, surtout, à se pencher sur cette question et à abonder au 3e pilier. Nous avons entamé le dialogue, avec des conseils personnels dispensés par de jeunes conseillers qui s’adressent au groupe cible dans sa langue et avec les bons arguments. Le succès est supérieur à la moyenne. Cela me rend optimiste.

" En fin de compte, tout est prévoyance ", déclare Marcel Rumo, qui voudrait donner à ce sujet un positionnement encore plus central.

Et sur le plan privé ?

Là aussi, j’ai de nombreux projets et j’aimerais faire bouger les choses. Par exemple, je siège au conseil de fondation d’un home d’enfants et au comité d’une école de musique. Il y a toujours beaucoup à faire dans ces contextes. Et l’un de mes grands projets personnels est de réaliser mon premier vol à l’étranger en tant que pilote privé. J’ai déjà la licence, mais voler à l’étranger est plus compliqué en raison des communications radio et de la navigation, c’est pour cela que je ne m’y suis pas encore aventuré.

Aller en France en avion serait déjà un début.

Oui, la France serait une destination logique. Pas seulement sur le plan géographique, mais aussi sur le plan personnel. Mon père vient de Fribourg, c’est pour cela que je prononce d’ailleurs mon nom de famille à la française. Mes parents y ont toujours beaucoup tenu, bien que j’aie grandi en pratiquant le suisse allemand. J’adore la langue française, même s’il est vrai que j’aimerais la maîtriser encore mieux.

Dans ce cas, vous êtes sûrement aussi un amateur de vin ?

Tout à fait. Non seulement j’aime boire du vin, mais j’en produis moi-même. Ma famille possède un vignoble de 450 pieds, mais pas en France: en Argovie. Nous y passons beaucoup de temps au printemps et à l’automne.

Cela semble impliquer beaucoup de travail.

C’est vrai, mais c’est un travail très noble que je partage avec ma famille, et qui contrebalance idéalement le quotidien au bureau. En hiver, on me rencontre sur les pistes de ski et de snowboard. Vous le voyez, j’aime la variété, dans mon métier tout comme dans mes loisirs.

Voilà une conclusion parfaite pour cet intéressant entretien dont nous vous remercions bien vivement.

Solution de placement active supplémentaire : Swisscanto FP Avant LPP Portfolio 75

Avec les plans dits " 1e ", les institutions de la prévoyance professionnelle peuvent répondre au besoin croissant manifesté par les assurés en termes d’individualité et de liberté de décision. Les destinataires ayant des éléments de salaire dépassant les 127’980 francs peuvent décider par eux-mêmes de la stratégie de placement de leur avoir de prévoyance surobligatoire et investir en fonction de leur propension au risque et de leurs besoins. Cette liberté et cette flexibilité accrues entraînent une possibilité de rendements plus élevés, mais aussi, pour la première fois, une individualisation du risque de pertes, l’assuré assumant lui-même le risque de son investissement.

Quelles sont les solutions de placement recommandées pour les avoirs 1e ?

Le choix des solutions de placement dans le cadre des conditions fixées par la loi incombe à l’institution de prévoyance. Celle-ci peut faire appel à différents prestataires pour composer un éventail d’offres adapté aux besoins. Swisscanto Fondations de placement , avec Swisscanto Invest by Zürcher Kantonalbank comme gestionnaire de fortune, peuvent s’appuyer sur plus de 30 années d’expérience dans l’investissement des avoirs de prévoyance. Leurs fortunes mixtes gérées dans le domaine de la prévoyance s’élèvent à plus de 4,5 milliards de francs. Les portefeuilles à gestion active, investis dans différentes catégories de placements, différents secteurs et différentes régions, couvrent des profils de risque répondant à tous les besoins de prévoyance. Les groupes de placement de Swisscanto Fondation de placement Avant jouissent en outre d’avantages fiscaux, puisqu’aucun impôt à la source de 30% n’est prélevé sur le paiement des dividendes de sociétés américaines. Ainsi, ils restent constamment entièrement investis avec des titres américains (env. 60% de l’univers mondial des actions).

Nouvelle solution Swisscanto Fondation de placement Avant avec 75% d’actions

Les taux directeurs durablement négatifs en Suisse ainsi que les faibles taux d’intérêt à l’échelle internationale continuent à stimuler l’attractivité des actions en tant que catégorie de placement. Swisscanto Fondation de placement avait déjà lancé en juin 2018 une solution comportant 75% d’actions ; désormais, Swisscanto Fondation de placement Avant propose également depuis janvier 2019 un module à gestion active comportant 75% d’actions. Cette solution complète la vaste gamme de solutions de placement pour les fondations 1e et leurs assurés en leur proposant une stratégie de placement axée sur la croissance. Les 25% restants du volume de placement sont investis dans des obligations et des biens immobiliers suisses, ces derniers par l’intermédiaire du groupe de placement " Swisscanto FP Immeubles Suisse " qui investit largement dans des placements immobiliers directs. Les placements immobiliers directs en Suisse présentent d’excellentes propriétés de rendement-risque dans un portefeuille de prévoyance diversifié. La part des monnaies étrangères est limitée à un maximum de 30% et est partiellement couverte.

Répartition stratégique de la fortune

 

La gestion active de portefeuille, une chance de rendement

La gestion active du portefeuille de placement permet de profiter des opportunités qui se présentent dans un environnement de marché de plus en plus volatile, ce qui améliore les chances de rendement à long terme. Les gérants de portefeuilles responsables s’appuient sur l’expertise et la longue expérience des marchés financiers de nombreux spécialistes pour prendre des décisions de placement tactiques professionnelles. C’est ainsi que les portefeuilles des Swisscanto Fondations de placement gérés activement se développent avec succès depuis des années.

Nous sommes à votre entière disposition pour répondre à vos questions concernant le nouveau groupe de placement " Swisscanto FP Avant LPP Portfolio 75 " ou nos autres groupes de placement.

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Manuel Banz, gestion de produits fondations de prévoyance, Zürcher Kantonalbank

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Conséquences économiques de l’accord-cadre avec l’UE

Un non à l’accord-cadre serait-il source d’inflation ?

Ces derniers mois, l’inflation en Suisse a connu une chute aussi prononcée que surprenante, due principalement au prix du pétrole.

Evolution de l’inflation (en %, contributions en points de pourcentage)

À l’heure actuelle, aucun indice de reprise prochaine de l’inflation n’est observé. La stabilité des prix est donc garantie, et la Banque nationale suisse n’a aucune raison de modifier sa politique monétaire. Si elle relevait les taux avant la Banque centrale européenne, cela réduirait le différentiel de taux par rapport à notre principal partenaire commercial, stimulerait le franc suisse et tasserait inutilement la conjoncture et l’inflation. Une intervention anticipée de la BNS n’est concevable que si les attentes d’inflation en Suisse augmentaient notablement. Or, une inflation accrue n’est pas en vue malgré le plein emploi et une situation économique solide. Comme la spirale des prix et des salaires ne tourne que très lentement, la hausse indirecte de l’inflation ne peut être provoquée que par une modification structurelle des conditions-cadres, par ex. un renforcement des obstacles au commerce. L’échec de l’accord-cadre institutionnel (ACI) avec l’UE, qui fait actuellement l’objet d’intenses débats, génèrerait-il un tel potentiel inflationniste ?

Grandes lignes de l’accord-cadre

Le champ d’application de l’ACI inclut les accords existants portant sur la libre circulation des personnes, la suppression des obstacles techniques au commerce, le transport terrestre, le transport aérien, l’agriculture ainsi que tous les accords futurs. La Suisse s’engagerait en principe à reprendre de manière dynamique les règles juridiques correspondantes, mais aurait le droit de participer à l’évolution ultérieure du droit de l’UE. L’adaptation du droit suisse se ferait selon la méthode de la démocratie directe. Si un droit était refusé par référendum populaire, l’UE pourrait prendre des mesures de rétorsion dans le cadre de la proportionnalité.

Conséquences économiques d’un rejet

Si l’accord-cadre était refusé, l’équivalence de la réglementation boursière suisse disparaîtrait à la mi-2019. Dans le même temps, l’ordonnance suisse concernant la reconnaissance de plateformes étrangères entrerait en vigueur, ce qui atténuerait sensiblement l’effet négatif sur l’économie suisse. Les exportations de marchandises montrent bien à quel point l’UE est un partenaire commercial important. En 2018, 52% d’entre elles ont été à destination de l’UE.

Exportations de marchandises suisses par groupes de pays

Le perfectionnement de l’accord sur la suppression des obstacles techniques au commerce (ARM) serait également dans l’impasse. Si l’UE durcissait ses règles de normalisation, toutes les entreprises exportant vers l’UE devraient appliquer ce règlement. Tant que le Parlement suisse garantit la mise en œuvre autonome de ces réglementations, les coûts directs pour l’économie devraient rester limités. En fin de compte, 92% des exportations de marchandises suisses sont dues à des entreprises appartenant à un groupe familiarisé avec les règles de l’UE. Or, un " Swiss Finish " nécessiterait des agréments différents pour la Suisse et pour l’UE, ce qui pousserait à la hausse les coûts des produits. Par ailleurs, d’autres problèmes apparaîtraient pour l’accord sur l’électricité, encore en suspens, la participation aux programmes de recherche de l’UE ou le droit de cabotage dans le transport aérien. Sur le plan économique, un rejet de l’ACI n’aurait pas de conséquences négatives sensibles immédiatement. Mais celles-ci se manifesteraient de façon insidieuse. Avec une approbation sans Swiss Finish particulier, les incidences négatives ne seraient sans doute pas mesurables. En fin de compte, la question de savoir si les conséquences économiques négatives l’emportent sur les pertes de souveraineté politique est une question de nature politique.

Effet sur les marchés des actions et des obligations

Avec davantage d’obstacles techniques au commerce, certaines entreprises suisses perdraient de leur compétitivité, avec un effet négatif sur le cours des actions. En outre, les obstacles au commerce poussent typiquement l’inflation à la hausse. Alors que le niveau structurellement faible des taux suisses baisserait en cas de non à l’ACI, l’absence de nouveaux accords freinerait la croissance du commerce extérieur et neutraliserait l’effet de l’inflation. Si le franc suisse conservait sa fonction de havre de sécurité, le niveau des taux en Suisse ne serait pas sensiblement touché par cette décision politique.

 

Manuel Ferreira, économiste en chef et stratège en chef de la Zürcher Kantonalbank

Plus durable et plus numérique : la prévoyance face à des défis majeurs

Rapport des assemblées des investisseurs 2018 des Swisscanto Fondations de placement

Saint-Gall au top : l’hôtel Einstein de Saint-Gall a constitué un cadre idéal pour accueillir la 45e assemblée des investisseurs de Swisscanto Fondation de placement et la 12e assemblée des investisseurs de Swisscanto Fondation de placement Avant. La manifestation proprement dite a elle aussi été jugée très positive, grâce aux passionnants exposés techniques suivis d’une table ronde. Simultanément, le programme a été résumé visuellement avant que trois caricaturistes ne réalisent un souvenir bien particulier pour de nombreux invités.

Vous trouverez ici les photos de la manifestation.

M. Thomas Vock, Président du Conseil de fondation et responsable Asset Management de la Banque Cantonale Bernoise, souhaite la bienvenue aux invités avant de passer la parole à Roland Ledergerber, CEO de la Banque Cantonale de Saint-Gall, qui rappelle, dans ses paroles de bienvenue, que celle-ci a célébré ses 150 ans en 2018.

M. Thomas Vock, Président du Conseil de fondation et responsable Asset Management de la Banque Cantonale Bernoise

Sonja Spichtig, Directrice des Swisscanto Fondations de placement, présente un récapitulatif de l’exercice écoulé. Au 30 juin 2018, les Swisscanto Fondations de placement géraient une fortune s’élevant à 17,5 milliards de francs. Avec une part de marché de 13,8% en fortune nette, elles se classent en quatrième position dans la liste des plus grandes fondations de placement de la CAFP.

Sonja Spichtig, Directrice des Swisscanto Fondations de placement

L’ordre du jour est adopté pratiquement à l’unanimité. La principale modification lors de la révision du règlement de fondation porte sur l’introduction d’un représentant indépendant. Au bout de seulement 45 minutes, le Président du Conseil de fondation lève les deux assemblées des investisseurs en remerciant chaleureusement toutes les personnes présentes.

Les perspectives de marché sont ensuite présentées par Stefano Zoffoli, stratège en placements de Swisscanto Invest by Zürcher Kantonalbank.

Stefano Zoffoli, stratège en placements et responsable Multi-Asset Portfolio, Swisscanto Invest by Zürcher Kantonalbank

Celui-ci explique avoir connu une année échevelée. Même si les estimations conjoncturelles sont moins roses qu’il y a un an encore, M. Zoffoli n’escompte pas de récession, mais une croissance modérée allant de 1 à 3%, car la conjoncture repose sur une assise solide. " La consommation privée est durable ", affirme le stratège en placements. " Cela tient d’une part à la progression de l’emploi et d’autre part à l’endettement relativement faible des consommateurs. "

C’est également un tableau positif que brosse M. René Nicolodi, responsable Equities & Themes chez Swisscanto Invest by Zürcher Kantonalbank, en parlant des approches de durabilité dans les groupes de placement des Swisscanto Fondations de placement.

René Nicolodi, responsable Equities & Themes, Swisscanto Invest by Zürcher Kantonalbank

Il assure que les placements durables ne sont pas un emballement passager, mais une méga-tendance. Les chiffres l’attestent : " 400 milliards sont gérés en Suisse selon des critères de placement durables ", affirme M. Nicolodi. " Cela représente une hausse de 82% par rapport à l’année dernière. " Les caisses de pension, les fondations et les assurances se penchent de plus en plus sur ce thème depuis quelques années. Tout comme le législateur. L’initiative Minder, la stratégie de développement durable du Conseil fédéral ou le plan d’action actuel de l’UE sur la finance durable sont des exemples qui intègrent davantage les aspects de durabilité dans le domaine des placements, et cette tendance va se poursuivre. Swisscanto Invest assume un rôle de précurseur dans cette évolution. " La durabilité fait partie intégrante de notre processus de placement ", explique M. Nicolodi. " Avant d’investir, les listes noires veillent à éviter que le portefeuille puisse comporter des titres de producteurs d’armes ou d’entreprises pratiquant des activités commerciales controversées. En revanche, des domaines d’investissement importants tels que l’énergie, la mobilité, les ressources et les connaissances sont soutenus. "

Le fascinant orateur invité abordant " la manière d’aménager la transformation numérique " jette les bases de la table ronde qui suit. Le prof. Oliver Gassmann, professeur de gestion technologique à l’Université de Saint-Gall, identifie quatre moteurs principaux de la révolution numérique : la baisse des coûts de transaction, la hausse de la mobilité, la croissance exponentielle des données et l’amélioration des algorithmes. Mais plus de 30% des initiatives de numérisation dans l’entreprise échouent – principalement à cause de la résistance du personnel et de l’attitude des dirigeants. La pénurie de ressources constitue assez rarement un obstacle. " Le plus grand défi consiste à dissiper la crainte des collaborateurs d’être remplacés ", assure le prof. Gassmann. " Il faut encourager la compréhension, développer les compétences et créer des structures. " Penser à grande échelle, mais commencer petit, tel est le conseil qu’il donne aux personnes réunies.

Le prof. Oliver Gassmann, professeur de gestion technologique à l’Université de Saint-Gall

Karin Frei, rédactrice à la SRF, donne le coup d’envoi de la discussion en réalisant spontanément un sondage auprès des caisses de pension, des investisseurs et des conseils de fondation présents dans la salle : " Qui parmi vous se qualifierait d’innovant ? " Personne ne lève la main. Mais pourquoi donc ? Les institutions de prévoyance ne sont pourtant pas tout à fait aussi conservatrices qu’on pourrait le penser. C’est ainsi que Christoph Ryter, directeur de la caisse de pension de Migros, indique que les clients peuvent simuler en ligne leurs cas de prévoyance et que l’administration des assurés, elle aussi, se numérise de plus en plus. Dans ce contexte, la sécurité des données constitue un point décisif, précisément parce qu’il s’agit là d’informations particulièrement sensibles pour les caisses de pension.

C’est ce que confirme Markus Naef, CEO de SwissSign, une coentreprise qui permet aux sociétés offrant des services d’identité d’accéder en toute sécurité au monde en ligne : " Chez nous, les données d’identité et les données des utilisateurs sont systématiquement séparées. En outre, toutes les données restent entre les mains de la caisse de pension. " Davide Pezzetta, membre du Conseil des Swisscanto Fondations de placement, estime lui aussi que la sécurité des données pose un grand défi : " Nous y avons investi des ressources considérables ces derniers temps. " Mais dans quel domaine le numérique apporte-t-il une valeur ajoutée ? " Les transactions entre caisses de pension et clients ne sont pas extrêmement fréquentes ", explique M. Ryter. " Il serait plus important de créer des offres numériques en matière de conseils. Les assurés doivent pouvoir répondre à davantage de questions par eux-mêmes. " La formation scolaire pourrait d’ailleurs être utile à cet égard, en abordant davantage les questions de prévoyance – les participants à la discussion sont d’accord sur ce point.

La table ronde réunissant Markus Naef, Christoph Ryter, le prof. Oliver Gassmann, Davide Pezzetta et Karin Frei (de gauche à droite)

Après un débat fort intéressant, Sonja Spichtig remercie les intervenants ainsi que le public et laisse Christian Eggenberger, qui a consigné toutes les interventions en temps réel sur un tableau à feuilles mobiles, résumer les exposés de son point de vue. Ensuite, elle clôt la manifestation avec ses propres mots : " Le numérique offre une grande chance d’atteindre davantage de jeunes. Leur voix est importante. Il est inacceptable que les personnes de plus de 50 ans soient les seules à s’intéresser à ce sujet. C’est pourquoi je plaide pour que l’on intègre encore mieux la thématique de la prévoyance dans la formation scolaire. "

Les caisses de pension et les fondations de placement ont beaucoup à faire. La date prévue pour faire à nouveau le point a déjà été fixée : les prochaines assemblées des investisseurs auront lieu à Zoug le 25 octobre 2019.

Les photos des assemblées des investisseurs 2018 figurent ici.

" Nous créons des valeurs "

Cela fait trois ans qu’Andreas Meier (48 ans) travaille à la Zürcher Kantonalbank pour Swisscanto Invest ; depuis juillet de cette année, il est responsable de la gestion du portefeuille immobilier du groupe de placement Immeubles Suisse de Swisscanto Fondation de placement. Nous avons rencontré cet Appenzellois d’origine au Winterhalder Areal de Zurich pour parler défis du marché, travail physique et bon sens.

Nous sommes ici au Winterhalder Areal, un projet immobilier de Swisscanto Fondation de placement. De quelle construction s’agit-il ?

Swisscanto a créé ici, à partir d’une ancienne zone industrielle, des logements modernes pour quelque 300 personnes. Dans un emplacement idéal au cœur de Zurich, nous pouvons proposer 137 appartements de haute qualité dans toutes sortes de configurations. Ces appartements sont très demandés. Dès la date d’emménagement l’an dernier, ils étaient presque tous loués. Cela confirme que Swisscanto a développé un produit attrayant et apporte donc une véritable valeur ajoutée aux locataires, à la ville et aux institutions de prévoyance qui ont investi dans ce groupe de placement.

C’est donc un projet modèle. Quel a été le rôle joué par Swisscanto dans cette réalisation ?

Swisscanto a été le chef de file de la conception et de la réalisation du projet. En tant que maître d’ouvrage, c’est-à-dire propriétaire, il a financé le projet et veillé à obtenir une rentabilité durable.

Andreas Meier et Sonja Spichtig observent le Winterhalder Areal d’en haut.

Vous êtes responsable du portefeuille immobilier de Swisscanto Fondation de placement depuis juillet de cette année. Quelle est exactement votre mission ?

Ma mission consiste à mettre en œuvre la stratégie du groupe de placement – qui se compose actuellement de 244 biens d’une valeur d’environ sept milliards de CHF – et donc de réaliser un rendement adapté au marché. Cela se fait en étroite collaboration avec l’ensemble de l’équipe immobilière de Swisscanto Invest, qui se compose de 26 spécialistes éminents de l’immobilier. Ainsi, le service d’asset management s’occupe des locations, celui du project management met en œuvre les projets de construction tandis que l’équipe chargée des transactions réalise les achats et les ventes.

A quoi ressemble pour vous une journée de travail typique ?

Mon travail est extrêmement varié et diversifié, et aucune journée ne ressemble à une autre. C’est ainsi qu’en ce moment, je suis en train de donner une interview, alors qu’hier à la même heure, je participais à une discussion avec des investisseurs en Suisse centrale. Entretiens avec les clients, présentations, visites, réunions internes, analyses et tâches ad hoc se succèdent à des rythmes variables. Il est donc essentiel d’établir une planification prospective.

Vous évoluez dans un marché exigeant pour les investisseurs. Comment y faites-vous face ?

Oui, la phase des taux d’intérêt bas de ces dernières années n’a cessé de pousser à la hausse les prix de l’immobilier. Nous tenons compte de cette évolution dans toutes nos décisions de placement, c’est-à-dire que nous nous appuyons sur des analyses de scénarios approfondies et que nous mettons à profit les connaissances spécifiques de la Zürcher Kantonalbank qui reposent sur une vaste assise. En outre, nous nous demandons constamment quels nouveaux produits alternatifs vont nous permettre de générer une valeur ajoutée. Dans ce contexte, les critères importants pour la sélection d’un bien immobilier sont notamment l’emplacement, mais aussi l’affectation, le profil rendement-risque et le potentiel ainsi que la possibilité d’exploitation par des tiers.

Discussion sur les stratégies, les marchés et les projets professionnels.

 Vous avez étudié l’économie d’entreprise. Comment en êtes-vous arrivé à l’immobilier ?

Par intérêt personnel. Déjà au début de mes activités dans l’asset management, cette classe de placements m’intéressait beaucoup. Le caractère individuel des biens immobiliers, leur nature multidimensionnelle, mais aussi leur caractère concret m’ont attiré très tôt. Chez AXA, j’ai eu l’occasion de fonder, de consolider et de gérer deux fonds immobiliers.

Et après 15 ans chez AXA, vous avez eu envie de changer d’air ?
On peut le dire comme cela. A 45 ans, j’ai ressenti peu à peu le désir de connaître d’autres véhicules de placement, d’autres organisations et d’autres structures. Ce qui est très positif, bien sûr, c’est que je peux désormais le faire en travaillant pour un asset manager établi et renommé.

Qu’est-ce qui compte le plus dans votre travail : connaître la psychologie ou avoir le sens des chiffres ?

Une combinaison des deux. Vous savez, les outils et les données actuels permettent d’analyser, de modéliser et de représenter beaucoup de choses. Mais en fin de compte, il faut aussi faire preuve de bon sens. Cela inclut aussi un certain pragmatisme, des objectifs réalistes et surtout une grande ténacité pour les atteindre.

Quand avez-vous compris que vous vouliez vous diriger vers l’économie ?

Au moment où j’ai choisi l’apprentissage commercial. En réalité, quand j’étais petit, je préférais le travail physique aux bancs de l’école. J’allais souvent donner un coup de main à la ferme et même plus tard, pendant mes études, je travaillais comme jardinier paysagiste pendant les vacances.

Et malgré tout, vous avez opté pour une formation commerciale ?

Oui, et avec conviction. Car les problématiques de l’économie d’entreprise m’ont intéressé de plus en plus. En outre, j’ai développé le goût des langues étrangères. Par conséquent, j’ai recherché une formation large et diversifiée. Bien entendu, on ne pouvait pas trouver mieux pour cela que la formation d’employé de commerce.

Votre travail nécessite peu d’activité physique. Cela vous manque-t-il ?

Parfois. Mais je trouve l’équilibre nécessaire en faisant du sport dans la nature. Pendant l’été, je pratique le VTT, le jogging ou la randonnée. En hiver, le ski de fond et le ski alpin.

Etes-vous aussi ambitieux que dans la vie professionnelle ?

Ambitieux, oui, on peut le dire. Mais pour moi, le sport est avant tout une source de délassement et d’équilibre. C’est ainsi que je participe depuis des années au marathon de ski de l’Engadine. Cela me motive encore plus à m’entraîner de façon ciblée.

Andreas Meier, responsable Portfolio Management Immobilier depuis juillet 2018.

Où vous voyez-vous dans dix ans ?

J’espère évidemment que mon travail continuera à me plaire autant qu’aujourd’hui et que je travaillerai toujours pour le compte de propriétaires immobiliers. Car actuellement, je me plais beaucoup, autant à la Zürcher Kantonalbank que dans le domaine de l’immobilier. Malgré tout, dans ma tête, je reste toujours ouvert, flexible et curieux.

En vous promenant dans le Winterhalder Areal, quel sentiment éprouvez-vous ? Etes-vous fier d’avoir achevé un projet qui répond à toutes les attentes, voire qui les dépasse ?

Bien entendu, il est formidable de constater toute la valeur qui a été générée par Swisscanto, et je suis ravi d’avoir un placement aussi attrayant en portefeuille. Mais nous pouvons aussi être collectivement fiers du succès de nos projets. Car un projet couronné de succès n’est pas le fruit d’une réussite individuelle, mais le résultat de la collaboration professionnelle de toute l’équipe immobilière.

Merci de nous avoir accordé cet intéressant entretien et bonne chance pour votre prochain marathon.